Comprendre les grades de l’armée de Terre, c’est comprendre comment fonctionne l’une des plus anciennes institutions françaises. Chaque galon, chaque étoile, chaque appellation a une signification précise. Le grade indique qui commande, qui exécute, à quel niveau de responsabilité un militaire se situe, et combien il est rémunéré.
Cet article passe en revue les quatre grandes catégories de la hiérarchie, des militaires du rang aux officiers généraux, sans oublier la dignité d’État du Maréchal de France. Vous y trouverez le détail des insignes, les appellations protocolaires, les équivalences avec la Marine nationale et l’armée de l’Air, ainsi que les principales étapes historiques qui ont façonné le système actuel.
Qu’est-ce qu’un grade militaire ?
Un grade indique le rang dans la hiérarchie, le commandement associé ou l’emploi tenu par un militaire. Selon le ministère des Armées, le mot vient du latin gradius, qui désigne une marche d’escalier. L’image illustre bien l’idée d’ascension dans la carrière.
Le grade se matérialise par un signe distinctif porté sur l’uniforme et par un niveau de rémunération spécifique. Il peut s’agir d’un degré d’honneur, d’une dignité ou d’un rang dans la hiérarchie. Le développement des états-majors et des services a conduit à la création de grades spécifiques, ce qui explique pourquoi plusieurs grades peuvent coexister à un même niveau de responsabilité.
Toutes les marques distinctives ne sont pas des grades. Le ministère des Armées précise qu’un « soldat de première classe » correspond à une distinction, pas à un grade. Le Maréchal de France n’est pas davantage un grade : c’est une dignité d’État. La distinction est importante, car elle change la nature juridique et symbolique du titre.
Le grade reste avant tout un repère opérationnel. Il dit qui commande, qui exécute, qui forme et qui soutient. Il permet à n’importe quel militaire de savoir immédiatement à qui il s’adresse et avec quelle formule.
Une hiérarchie héritée d’une longue histoire
Avant la Révolution française, les grades s’appelaient « charges » et étaient décernés par le roi, presque exclusivement à des nobles. La loi de 1791 a aboli ces privilèges. Depuis, tout soldat ayant suffisamment d’ancienneté et de mérite peut accéder à l’avancement. Cette réforme a posé les fondations du modèle méritocratique encore en vigueur.
Le XXe siècle a vu apparaître plusieurs grades qui n’existaient pas auparavant. Selon le ministère des Armées, le grade d’adjudant-chef a été créé en 1912 pour améliorer la situation des sous-officiers dont la promotion au corps des officiers n’était pas certaine. Pour y accéder à sa création, il fallait dix ans d’ancienneté de service et deux ans de grade d’adjudant, ainsi que les qualités nécessaires pour se voir confier des attributions de lieutenant.
La Première Guerre mondiale a aussi modifié la signalétique des grades. Avec l’apparition d’armements permettant un meilleur ciblage des chefs, les galons portés sur le bas des manches ont été réduits en 1914 à 12 mm de largeur et 35 mm de longueur. L’objectif était simple : réduire la visibilité des autorités sur le terrain.
D’autres grades sont plus récents. Le sergent-chef et le maréchal des logis-chef sont nés de la réforme de 1928, pour remplacer les anciens grades administratifs de sergent-major et de sergent-fourrier, qui relevaient davantage de la « plume » que de l’épée. Le grade de major chez les sous-officiers, le plus élevé de cette catégorie, n’a été créé qu’en 1972, à partir d’une distinction de fonction. Côté officiers généraux, c’est un décret du 6 juin 1939 qui a simplifié les appellations antérieures pour créer les titres de général de corps d’armée et de général d’armée.

Les quatre catégories de la hiérarchie de l’armée de Terre
Le ministère des Armées distingue quatre grandes catégories de militaires dans l’armée de Terre : les militaires du rang, les sous-officiers, les officiers et les officiers généraux. Au-dessus de ces quatre catégories se trouve la dignité de Maréchal de France, qui ne constitue pas un grade.
Voici un premier tableau récapitulatif des grades par catégorie.
| Catégorie | Grades (du plus bas au plus haut) |
|---|---|
| Militaires du rang | Soldat, Caporal, Caporal-chef |
| Sous-officiers | Sergent, Sergent-chef, Adjudant, Adjudant-chef, Major |
| Officiers | Aspirant, Sous-lieutenant, Lieutenant, Capitaine, Commandant, Lieutenant-colonel, Colonel |
| Officiers généraux | Général de brigade, Général de division, Général de corps d’armée, Général d’armée |
Cette structure est stable. Les grades sont définis par le statut général des militaires français, qui est commun à toutes les armées. Selon Wikipédia, seules les appellations et les insignes diffèrent entre l’armée de Terre, la Marine nationale, l’armée de l’Air et de l’Espace et la Gendarmerie nationale. Un capitaine de l’armée de Terre et un lieutenant de vaisseau de la Marine sont statutairement et protocolairement équivalents.
Les militaires du rang : le socle opérationnel
Cette première catégorie compte trois grades : soldat, caporal et caporal-chef. C’est le ministère des Armées qui le confirme, et la liste est reprise par Wikipédia. À cela s’ajoutent deux distinctions, qui ne sont pas des grades mais qui peuvent être portées : le soldat de première classe et le caporal-chef de première classe.
Le soldat est le point d’entrée dans l’armée de Terre. Il ne porte aucun galon. Selon le ministère des Armées, le terme vient de l’italien soldare, qui désigne celui qui reçoit une solde. Il a remplacé à partir du XVIIe siècle le mot français « soudare », devenu péjoratif. Le soldat peut prendre une appellation spécifique selon son arme : alpin, cavalier, canonnier, chasseur, conducteur, cuirassier, dragon, hussard, légionnaire, marsouin, musicien, sapeur, servant, spahi ou transmetteur.
Le caporal est le premier véritable grade. Il commande directement un groupe de combat et c’est à lui que s’adressent les hommes de troupe pour les ordres et les détails du service intérieur. Dans les armes autrefois dotées de chevaux, il porte le titre de brigadier.
Le caporal-chef est né d’un besoin pratique. Le ministère des Armées explique que le grade a été créé pour distinguer les hommes du rang compte tenu de la diversité des rôles et du nombre croissant de caporaux, sans pour autant multiplier les grades. Il ouvre l’accès à davantage de responsabilités au sein du groupe de combat.
La distinction de caporal-chef de 1re classe concerne, selon le ministère des Armées, les caporaux-chefs ayant signé un contrat au-delà de onze ans de service. Elle peut être portée au premier jour de la 12e année de service. Selon Wikipédia (article Grades de l’Armée de terre française), cette distinction a été créée en 1999. Elle ne s’inscrit donc pas dans la liste statutaire des grades : c’est une marque de fidélité et d’expérience.
Les sous-officiers : encadrement de proximité
L’armée de Terre compte cinq grades de sous-officiers, du plus bas au plus haut : sergent, sergent-chef, adjudant, adjudant-chef et major. La liste fait consensus dans toutes les sources, y compris l’article Wikipédia Grades de l’Armée française. C’est l’échelon clé entre la troupe et le commandement.
Sergent et sergent-chef
Le sergent, ou maréchal des logis dans les armes montées, est le premier grade de la famille. Selon le ministère des Armées, le titre de maréchal des logis remonte à l’époque où ces sous-officiers étaient responsables des écuries dans la cavalerie.
Le sergent-chef, ou maréchal des logis-chef, occupe la fonction de chef de groupe ou d’adjoint au chef de section. Comme rappelé plus haut, le grade a été créé lors de la réforme de 1928 pour remplacer les anciens grades administratifs de sergent-major et de sergent-fourrier. Il marque le passage à un sous-officier plus opérationnel.
Le sergent-major n’est plus attribué depuis 1976 selon Wikipédia (article Grades de l’Armée de terre française), et le dernier sergent-major a pris sa retraite en 1985. Cette appellation appartient désormais à l’histoire militaire française.
Adjudant et adjudant-chef
L’adjudant est, à l’origine, un sous-officier d’état-major placé hors des compagnies, au niveau des bataillons et des régiments. Selon le ministère des Armées, il est principalement chargé du service intérieur, de la logistique, des transmissions et de l’exécution des ordres imprévus.
L’adjudant-chef, créé en 1912, vient compléter le haut de la pyramide sous-officier. Selon le ministère des Armées, le grade a été instauré pour les adjudants les plus expérimentés dont la promotion au corps des officiers n’était pas garantie. C’est le grade-charnière entre le sous-officier supérieur et l’officier.
Dans l’arme blindée et cavalerie, une tradition héritée des campagnes napoléoniennes veut que l’adjudant et l’adjudant-chef soient appelés « mon lieutenant ». Selon Wikipédia (article Grades de l’Armée de terre française), cette pratique remonte aux batailles meurtrières de la Grande Armée, où les sous-officiers supérieurs de la cavalerie prenaient le commandement après la perte de tous les officiers subalternes.
Le major
Le grade de major est le plus élevé chez les sous-officiers. Selon le ministère des Armées, il a été créé en 1972 et est issu d’une distinction de fonction. Le major est, dans la pratique, un sous-officier d’expertise ou un chef d’unité administrative.
Comment reconnaître un sous-officier à ses galons
Le détail des barrettes des sous-officiers est documenté par différentes sources spécialisées. Les chiffres précis méritent d’être manipulés avec prudence puisqu’ils ne sont pas tous corroborés par la source officielle, mais ils donnent un repère utile à l’œil non averti.
Selon les données publiées, le sergent porte trois barrettes, le sergent-chef quatre. L’adjudant arbore cinq barrettes, dont la dernière est ornée d’une fine boucle argentée. L’adjudant-chef en porte six, avec une boucle dorée. Selon ces mêmes sources, un nouveau galon de sergent-chef BM2 aurait été créé le 7 septembre 2022, marquant une évolution récente du système de signalétique des sous-officiers subalternes ; cette information n’est cependant pas confirmée par les sources officielles consultées.
Les officiers : subalternes et supérieurs
Les officiers se répartissent en deux familles bien distinctes : les officiers subalternes, qui comptent quatre grades selon le ministère des Armées, et les officiers supérieurs, qui en comptent trois.
Les officiers subalternes
Les quatre grades d’officiers subalternes sont, par ordre croissant : aspirant, sous-lieutenant, lieutenant et capitaine. L’aspirant se situe à la charnière du corps des sous-officiers et des officiers. Selon le ministère des Armées, le terme désigne à l’origine un sous-officier qui aspire à entrer dans le corps des officiers.
Le sous-lieutenant et le lieutenant commandent habituellement une section ou un peloton. Le capitaine, lui, est par excellence celui qui commande une compagnie, un escadron ou une batterie, c’est-à-dire environ une centaine d’hommes. Le ministère des Armées rappelle que le terme vient du bas latin et dérive de caput, la tête.
Côté protocole, Wikipédia (article Grades de l’Armée de terre française) précise qu’un officier homme se voit interpellé par son grade précédé de « mon ». Pour les femmes, on utilise directement le grade. Un sous-lieutenant et un aspirant sont appelés « mon lieutenant » par convention.
Les officiers supérieurs
Le commandant, le lieutenant-colonel et le colonel composent les trois grades d’officiers supérieurs. Le commandant prend une appellation variable selon son arme : chef de bataillon dans l’infanterie, le génie ou les transmissions ; chef d’escadrons dans la cavalerie ; chef d’escadron dans l’artillerie ou le train. Il commande habituellement un bataillon ou un groupe d’escadrons.
Le lieutenant-colonel et le colonel commandent un régiment ou un groupement tactique interarmes. Selon le ministère des Armées, le terme colonel apparaît au XVIe siècle et vient de l’italien colonello, le chef de colonne. Par ses responsabilités, le colonel est désigné comme le « père du régiment ».
| Désignation | Appellation | Commandement habituel |
|---|---|---|
| Colonel (COL) | mon colonel ou colonel | régiment |
| Lieutenant-colonel (LCL) | mon colonel ou colonel | régiment |
| Commandant (CDT) | mon commandant ou commandant | bataillon ou groupe d’escadrons |
| Capitaine (CNE) | mon capitaine ou capitaine | compagnie, escadron, batterie |
| Lieutenant (LTN) | mon lieutenant ou lieutenant | section ou peloton |
| Sous-lieutenant (SLT) | mon lieutenant ou lieutenant | section ou peloton |
| Aspirant (ASP) | mon lieutenant ou lieutenant | section ou peloton |

Les officiers généraux : du général de brigade au général d’armée
Quatre grades composent la catégorie des officiers généraux, selon le ministère des Armées : général de brigade, général de division, général de corps d’armée et général d’armée. Chacun correspond à un nombre précis d’étoiles portées sur l’uniforme.
Le général de brigade porte deux étoiles, comme l’indique explicitement le ministère des Armées : il porte ces étoiles sur les manches de son uniforme et sur son képi. Le grade a été établi par décret le 28 février 1848. Avant cette date, ceux qui occupaient cette fonction étaient appelés maréchaux de camp sous l’Ancien Régime.
Le général de division porte trois étoiles. Le grade a été créé en 1621 sous l’appellation de lieutenant-général. Selon le ministère des Armées, c’était jusqu’en 1914 le grade le plus élevé de la hiérarchie militaire.
Le général de corps d’armée arbore quatre étoiles et le général d’armée cinq étoiles, conformément au ministère des Armées. Ces deux appellations sont nées d’une simplification : une circulaire du 17 mars 1921 avait attribué aux généraux de division des prérogatives de commandant de corps d’armée et de commandant d’armée, et le décret du 6 juin 1939 a consacré les titres définitifs.
Le mot « général » vient lui-même de « capitaine général », c’est-à-dire le capitaine qui commande toute l’armée. Selon le ministère des Armées, cette qualification est issue d’une abréviation utilisée sous la monarchie. Une particularité notable : selon Wikipédia (article Grades de l’Armée de terre française), les officiers généraux des armes sont tous considérés comme interarmes, c’est-à-dire aptes à commander tout type de formation. Leurs fourreaux d’épaule sont exempts de tout insigne d’arme.
Les officiers généraux sont répartis en deux sections, selon Wikipédia. La première section comprend les officiers généraux en activité, en position de détachement, en non-activité ou hors cadre. La deuxième section regroupe les officiers généraux maintenus à la disposition du ministre des Armées et percevant une pension de retraite. Ces derniers peuvent être employés pour des nécessités d’encadrement.
| Désignation | Étoiles | Niveau de commandement |
|---|---|---|
| Général d’armée (GA) | 5 | armée |
| Général de corps d’armée (GCA) | 4 | corps d’armée |
| Général de division (GDI) | 3 | division |
| Général de brigade (GBR) | 2 | brigade |
Le Maréchal de France : une dignité d’État, pas un grade
Le maréchalat est placé au sommet absolu de la hiérarchie, mais ce n’est pas un grade. Le ministère des Armées, Wikipédia et l’article Grades de l’Armée de terre française le rappellent à l’unisson : il s’agit d’une dignité d’État, qui ne peut être conférée qu’à un officier général ayant commandé victorieusement en temps de guerre.
La dignité remonte à 1185, lorsque Philippe Auguste institua les premiers maréchaux, selon le ministère des Armées. Elle a connu plusieurs interruptions et rétablissements au fil des régimes, notamment au XIXe siècle, avant d’être rétablie pendant la Première Guerre mondiale.
Le symbole du maréchalat est un bâton de velours bleu parsemé d’étoiles sur lequel est inscrite la devise « Terror belli, decus pacis ». Le ministère des Armées traduit cette devise par « terreur durant la guerre, ornement pour le temps de paix ». Wikipédia (article Grades de l’Armée française) propose une traduction très proche : « terreur en temps de guerre, honneur en temps de paix ». Le mot latin decus peut se rendre par « ornement », « honneur » ou « gloire ».
Sur l’uniforme du maréchal, sept étoiles sont portées, selon Wikipédia. Les boutons d’uniforme arborent deux bâtons étoilés en sautoir, reliés par un ruban et ceints de lauriers.
Quatre maréchaux de France ont été nommés dans la période récente du XXe siècle, d’après Wikipédia : Alphonse Juin, élevé à la dignité en 1952 et dernier maréchal nommé de son vivant ; Jean de Lattre de Tassigny et Philippe Leclerc de Hauteclocque, qui reçurent ce titre à titre posthume la même année ; et Marie-Pierre Kœnig, élevé à titre posthume en 1984.

Lire un uniforme : couleurs, galons et insignes
Reconnaître un grade à l’uniforme demande de comprendre deux logiques : la couleur des galons selon l’arme et le motif des insignes selon la catégorie.
Or, argent et armes blanches
Les galons des officiers et sous-officiers sont soit or, soit argent. À l’origine, selon le ministère des Armées, les unités légères et mobiles portaient l’or, les unités lourdes l’argent. Aujourd’hui, l’or est porté par l’infanterie, l’artillerie, le génie, les troupes de marine et les transmissions. L’argent est porté par la cavalerie, le train et le matériel. Les chasseurs à pied portent l’argent malgré leur appartenance à l’infanterie, exception qui s’explique par l’histoire.
Le ministère des Armées distingue les armes blanches et les armes jaunes. Les armes blanches sont les héritières des régiments de cavalerie, avec quelques exceptions. La couleur des liserés des grades reflète l’arme d’appartenance.
Selon Wikipédia (article Grades de l’Armée de terre française), les couleurs des liserés sont précises : garance pour l’infanterie et le train, écarlate pour l’artillerie et le génie, jonquille pour les chasseurs, bleu ciel pour les transmissions, vert légion pour la Légion étrangère et vert foncé pour les chars de combat.
Galons des militaires du rang et sous-officiers
Les militaires du rang et les sous-officiers portent leurs insignes sur les manches. Le soldat ne porte aucun galon. Le caporal porte un galon, le caporal-chef en porte deux. À partir du sergent, le nombre de barrettes continue de progresser selon la logique d’accumulation décrite plus haut.
Certains grades, en particulier l’adjudant et le lieutenant-colonel, comportent des variations de galons selon l’arme : une version pour les armes à pied, une autre pour les armes montées.
Tenue de cérémonie et tenue d’opération
Sur le terrain, les bandes peuvent être remplacées par des grades de poitrine ou de col plus discrets, selon différentes sources spécialisées. Le port traditionnel sur les épaules reste la norme officielle pour identifier un officier ou un général en cérémonie.
Le positionnement des écussons obéit à des règles strictes. Les données publiées indiquent que l’écusson d’unité se trouve sur la manche gauche à environ dix centimètres du col, tandis que l’insigne de grade est placé sur la manche droite. En opération, les versions à faible visibilité remplacent les modèles colorés afin de protéger les chefs exposés.

Progresser dans la hiérarchie : avancement et passerelles
L’avancement repose sur trois critères principaux : l’ancienneté, les notations annuelles et la réussite aux examens et concours. Aucun grade ne s’obtient automatiquement, et chaque catégorie a ses propres règles de progression.
Pour passer de militaire du rang à sous-officier, deux voies existent : la promotion interne ou l’intégration d’une école spécialisée. L’École nationale des sous-officiers d’active (ENSOA) forme la majorité des sous-officiers de l’armée de Terre.
Le passage de sous-officier à officier reste possible grâce à des passerelles. Un sergent-chef compétent peut se présenter au concours d’officier pour accéder au statut d’aspirant. Les officiers subalternes sont ensuite formés à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr ou à l’École militaire interarmes (EMIA).
Selon Wikipédia (article Grades de l’Armée de terre française), les élèves-officiers portent des insignes spécifiques selon leur école et leur année. À Saint-Cyr, les élèves de 3e année au 1er bataillon portent les galons de sous-lieutenant ; les élèves de 2e année se trouvent au 2e bataillon et ceux de 1re année au 3e bataillon. À l’EMIA, les élèves de 2e année sont à la 1re brigade et portent les galons de sous-lieutenant, ceux de 1re année à la 2e brigade. L’École militaire des aspirants de Coëtquidan (EMAC) forme également des aspirants ; pendant leur stage en corps de troupe, ces derniers portent les galons d’aspirant ornés de l’attribut de l’arme correspondante.
Les corps spécialisés : SSA, commissaires et DGA
Au-delà des armes combattantes, l’armée française compte plusieurs corps spécialisés dont la hiérarchie reprend la logique générale, avec des appellations propres.
Le Service de santé des armées
Le Service de santé des armées (SSA) regroupe selon Wikipédia cinq corps d’officiers de carrière : internes des hôpitaux des armées, médecins des armées, pharmaciens des armées, vétérinaires des armées et chirurgiens-dentistes des armées.
Les galons sont identifiables à leurs passepoils colorés. Selon Wikipédia, les médecins et chirurgiens portent un galon « or, passepoilé de velours cramoisi ». Les pharmaciens portent un passepoil vert, et les chirurgiens-dentistes un passepoil prune.
| Niveau | Grades du SSA |
|---|---|
| Officiers généraux | Médecin/pharmacien/chirurgien-dentiste/Vétérinaire chef des services hors classe ; Médecin/pharmacien/chirurgien-dentiste/Vétérinaire chef des services de classe normale |
| Avec rang de général (4, 3 ou 2 étoiles) | Médecin général des armées ; Médecin/pharmacien/chirurgien-dentiste/vétérinaire général inspecteur ; Médecin/pharmacien/chirurgien-dentiste/vétérinaire général |
| Officiers subalternes et supérieurs | Médecin/pharmacien/chirurgien-dentiste/vétérinaire en chef de 1re classe ; en chef de 2e classe ; principal ; médecin/pharmacien/chirurgien-dentiste/vétérinaire |
| Élèves | Interne ; Aspirant médecin/pharmacien/chirurgien-dentiste/vétérinaire (à partir de la 2e année) ; Élève-officier (1re année) |
Les militaires infirmiers et techniciens des hôpitaux des armées, ou MITHA, occupent un statut hybride. Selon Wikipédia, leur statut est calqué sur celui de la fonction publique hospitalière, mais ils relèvent aussi du statut général des militaires. Leur hiérarchie particulière n’a pas d’assimilation directe avec la hiérarchie militaire générale, mais ils portent des galons d’apparence comparable pour permettre l’identification de leur positionnement.
Le Service du commissariat des armées
Le corps des commissaires des armées est unifié depuis le 1er janvier 2013. Selon Wikipédia, il remplace les trois corps de commissaires distincts qui existaient auparavant pour l’armée de Terre, la Marine et l’armée de l’Air. Le 1er janvier 2016, les officiers des corps techniques et administratifs de l’armement et du service de santé ont été intégrés d’office au corps des commissaires.
| Grade | Sigle |
|---|---|
| Commissaire général hors classe | CRGHC |
| Commissaire général de 1re classe | CRG1 |
| Commissaire général de 2e classe | CRG2 |
| Commissaire en chef de 1re classe | CRC1 |
| Commissaire en chef de 2e classe | CRC2 |
| Commissaire principal | CRP |
| Commissaire de 1re classe | CR1 |
| Commissaire de 2e classe | CR2 |
| Commissaire de 3e classe | CR3 |
| Commissaire aspirant | CASP |
La DGA et le Service de l’énergie opérationnelle
La Direction générale de l’Armement (DGA) compte selon Wikipédia deux corps d’officiers : les ingénieurs de l’armement (IA) et les ingénieurs des études et techniques de l’armement (IETA). Les deux corps partagent une partie de la hiérarchie, mais les ingénieurs de l’armement disposent de grades supérieurs spécifiques.
| Grade | IA | IETA |
|---|---|---|
| Ingénieur général de classe exceptionnelle | Oui | Non |
| Ingénieur général hors classe | Oui | Non |
| Ingénieur général de 1re classe | Oui | Oui |
| Ingénieur général de 2e classe | Oui | Oui |
| Ingénieur en chef de 1re classe | Oui | Oui |
| Ingénieur en chef de 2e classe | Oui | Oui |
| Ingénieur principal | Oui | Oui |
| Ingénieur | Oui | Oui |
| Aspirant (élèves ENSTA 1re année) | Non | Oui |
Le Service de l’énergie opérationnelle (SEO) repose sur deux filières. Les ingénieurs militaires des essences forment, selon Wikipédia, un corps ne comportant que des officiers supérieurs ou généraux. Les officiers logisticiens des essences couvrent une hiérarchie plus classique, du sous-lieutenant au général de division.
Équivalences interarmées
Les grades sont identiques d’un point de vue statutaire et protocolaire pour toutes les armées, comme le souligne Wikipédia. Seules les appellations et les insignes diffèrent. Cette logique d’équivalence permet aux militaires de coopérer sans difficulté entre les différentes branches.
| Armée de Terre | Marine nationale | Armée de l’Air et de l’Espace |
|---|---|---|
| Général d’armée | Amiral | Général d’armée aérienne |
| Général de corps d’armée | Vice-amiral d’escadre | Général de corps aérien |
| Général de division | Vice-amiral | Général de division aérienne |
| Général de brigade | Contre-amiral | Général de brigade aérienne |
| Colonel | Capitaine de vaisseau | Colonel |
| Lieutenant-colonel | Capitaine de frégate | Lieutenant-colonel |
| Commandant | Capitaine de corvette | Commandant |
| Capitaine | Lieutenant de vaisseau | Capitaine |
| Lieutenant | Enseigne de vaisseau 1 | Lieutenant |
| Sous-lieutenant | Enseigne de vaisseau 2 | Sous-lieutenant |
| Aspirant | Aspirant | Aspirant |
| Major | Major | Major |
| Adjudant-chef | Maître principal | Adjudant-chef |
| Adjudant | Premier maître | Adjudant |
| Sergent-chef / Maréchal des logis-chef | Maître | Sergent-chef |
| Sergent / Maréchal des logis | Second maître | Sergent |
| Caporal-chef / Brigadier-chef | Quartier-maître de 1re classe | Caporal-chef |
| Caporal / Brigadier | Quartier-maître de 2e classe | Caporal |
| Soldat | Matelot | Aviateur |
La Gendarmerie nationale suit une logique très proche de celle de l’armée de Terre. Selon Wikipédia, le grade de gendarme prend place entre celui de sergent et celui de sergent-chef. Les appellations diffèrent légèrement, mais les responsabilités et les insignes restent comparables.

Foire aux questions
Quelle est la hiérarchie des grades dans l’armée de Terre ?
L’armée de Terre française est organisée en quatre grandes catégories. Du bas vers le haut, on trouve les militaires du rang (soldat, caporal, caporal-chef), les sous-officiers (sergent, sergent-chef, adjudant, adjudant-chef, major), les officiers (aspirant, sous-lieutenant, lieutenant, capitaine, commandant, lieutenant-colonel, colonel) et les officiers généraux (général de brigade, général de division, général de corps d’armée, général d’armée). Au-dessus de tous se trouve la dignité de Maréchal de France, qui n’est pas un grade mais une distinction d’État.
Quel est le tableau des grades de l’armée française ?
Pour l’armée de Terre, le tableau commence avec les militaires du rang : soldat, caporal, caporal-chef. Viennent ensuite les sous-officiers : sergent ou maréchal des logis, sergent-chef ou maréchal des logis-chef, adjudant, adjudant-chef, major. Puis les officiers : aspirant, sous-lieutenant, lieutenant, capitaine, commandant, lieutenant-colonel, colonel. Enfin les officiers généraux : général de brigade (2 étoiles), général de division (3 étoiles), général de corps d’armée (4 étoiles), général d’armée (5 étoiles). Les autres armées suivent la même logique statutaire mais avec leurs propres appellations.
Que signifie le grade de sergent-chef ?
Le sergent-chef, ou maréchal des logis-chef dans les armes montées, est le deuxième grade des sous-officiers. Il se situe au-dessus du sergent et occupe en général la fonction de chef de groupe ou d’adjoint au chef de section. Selon le ministère des Armées, ce grade a été créé lors de la réforme de 1928 pour remplacer les grades de sergent-major et de sergent-fourrier, qui étaient des grades administratifs plus que des grades opérationnels. Son insigne se compose de quatre barrettes.
Quel est le plus haut grade de l’armée de Terre ?
Le plus haut grade en activité dans l’armée de Terre est celui de général d’armée, qui porte cinq étoiles. Au-dessus existe la dignité de Maréchal de France, mais il ne s’agit pas d’un grade : c’est une dignité d’État exceptionnelle qui ne peut être conférée qu’à un officier général ayant commandé victorieusement en temps de guerre. Aucune nomination au maréchalat n’a eu lieu depuis Alphonse Juin en 1952, dernier maréchal nommé de son vivant.
Comment reconnaître les grades militaires sur un uniforme ?
Les grades de l’armée de Terre se reconnaissent grâce aux galons et insignes portés sur les manches ou les épaules. Les militaires du rang et les sous-officiers portent des barrettes sur les manches : un caporal porte un galon, un sergent trois, un adjudant cinq avec une boucle argentée selon les données publiées. La couleur des galons est or pour l’infanterie, le génie et les transmissions, argent pour la cavalerie et le matériel. Les officiers généraux portent des étoiles : deux pour un général de brigade, trois pour un général de division, quatre pour un général de corps d’armée et cinq pour un général d’armée.
Quelle est la différence entre un grade et un galon ?
Le grade correspond au niveau hiérarchique d’un militaire dans la structure de commandement. Le galon est l’insigne visible, porté sur l’uniforme, qui matérialise ce grade. Un militaire peut porter une tenue de combat discrète sans afficher ses galons, mais son grade reste inchangé. Le galon n’est donc que la traduction visuelle du grade, jamais le grade lui-même.
Peut-on passer du rang de sous-officier à celui d’officier ?
Oui, des passerelles existent dans l’armée de Terre pour permettre aux sous-officiers d’accéder au corps des officiers. Un sergent-chef compétent peut se présenter au concours d’officier pour accéder au statut d’aspirant. Les officiers subalternes sont ensuite formés à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr ou à l’École militaire interarmes. L’avancement dans toutes les catégories repose sur des critères stricts : ancienneté, notations annuelles et réussite aux examens professionnels.
Qu’est-ce que le Maréchal de France ?
Le Maréchal de France n’est pas un grade militaire mais une dignité d’État, placée au sommet absolu de la hiérarchie. Elle ne peut être conférée qu’à un officier général ayant commandé victorieusement en temps de guerre. Son symbole est un bâton de velours bleu parsemé d’étoiles portant la devise « Terror belli, decus pacis ». Sept étoiles ornent son uniforme. Alphonse Juin, nommé en 1952, est le dernier maréchal nommé de son vivant. Jean de Lattre de Tassigny, Philippe Leclerc de Hauteclocque et Marie-Pierre Kœnig ont reçu ce titre à titre posthume.
Quelles sont les équivalences de grades entre l’armée de Terre et la Marine nationale ?
Les grades portent des appellations différentes selon les armées mais sont statutairement équivalents. Un capitaine de l’armée de Terre correspond à un lieutenant de vaisseau dans la Marine nationale. Un colonel correspond à un capitaine de vaisseau. Un général de division correspond à un vice-amiral. Ces correspondances sont définies par le statut général des militaires français, qui est commun à toutes les armées.
Pourquoi certains grades ont-ils deux noms différents selon l’arme ?
L’armée de Terre a hérité de traditions propres aux différentes armes, en particulier celles autrefois dotées de chevaux. Le sergent devient « maréchal des logis » dans la cavalerie, en raison de son ancienne responsabilité des écuries. Le caporal devient « brigadier ». Ces dénominations sont toujours en usage dans les armes blindées, la cavalerie et certains corps du matériel. Elles sont considérées comme équivalentes aux grades correspondants dans les armes à pied.
Sources
Banques de QCM gratuites sur les grades, l'alphabet OTAN et la culture militaire.



