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Histoire militaire française : batailles et réformes en 15 siècles

Découvrez l’histoire militaire française des Compagnies d’ordonnance de 1445 aux OPEX contemporaines : batailles, réformes et chiffres clés.

Défilé militaire de soldats français en uniforme de cérémonie avec plumets rouges et gants blancs.

L'histoire militaire française couvre près de quinze siècles, des premières batailles franques aux opérations extérieures actuelles. Elle ne se résume pas à une suite de victoires et de défaites. Elle raconte la construction d'un État, l'invention d'une nation citoyenne, et la place singulière qu'occupe l'armée dans l'identité française.

Cet article retrace les grands repères : qui a fondé l'armée permanente, comment la conscription a transformé la société, pourquoi 1914-1918 reste la matrice de la mémoire militaire, ce qui change avec la professionnalisation de 1996, et où en est aujourd'hui l'outil militaire français. Les chiffres cités proviennent de sources institutionnelles ou d'historiens identifiés.

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De l'ost féodal à la première armée permanente

Au cœur du système féodal, le service militaire repose sur la relation entre le vassal et son suzerain. Cette aide militaire, appelée l'ost, est limitée à 40 jours par an. Au-delà, le suzerain doit rémunérer ses troupes. L'armée féodale est donc temporaire et peu disciplinée, dominée par la cavalerie lourde des chevaliers nobles.

Les limites de ce modèle apparaissent pendant la Guerre de Cent Ans (1337-1453). Le tournant intervient sous Charles VII. Après la reconquête du territoire, en partie grâce à l'épopée de Jeanne d'Arc, le roi veut une armée fiable pour finir la guerre contre les Anglais et reprendre le contrôle des bandes de mercenaires démobilisés qui pillaient le royaume.

L'Ordonnance de Louppy-le-Châtel, signée en 1445, crée les Compagnies d'ordonnance. Ce sont des unités de cavalerie permanente, financées par un impôt royal, commandées par des capitaines nommés par le roi et stationnées dans des garnisons à travers le royaume. C'est la naissance de la première armée permanente française. L'unité de base est la « lance fournie » : un homme d'armes, deux archers à cheval, un coutilier et des pages.

Les batailles médiévales qui façonnent le royaume

Quatre affrontements marquent cette période. Bouvines (27 juillet 1214) oppose Philippe Auguste à une coalition formée des trois plus puissants princes d'Europe : Othon IV de Brunswick, Jean Sans Terre et Ferrand de Portugal. Cette victoire marque la naissance de l'identité d'un royaume de France autonome et pérenne.

Crécy (26 août 1346) est une humiliation. L'armée anglaise de 20 000 hommes écrase une coalition franco-bohémo-génoise de 50 000 hommes : environ 3 000 morts côté français, 200 côté anglais. Le commandement est accusé d'indiscipline et de lacunes tactiques.

Azincourt (25 octobre 1415) est pire encore. Selon France Inter, « c'est l'une des défaites les plus cuisantes de l'histoire de la guerre de Cent Ans, sinon de l'histoire de France ». Le terrain étroit entre deux blocs de forêts ne faisait pas plus d'un kilomètre de large. Des jours de pluie avaient rendu le sol complètement détrempé, forçant les cavaliers français à abandonner leurs chevaux. Leurs armures lourdes en faisaient des cibles faciles pour les archers anglais.

Castillon (1453), avant-dernière bataille de la Guerre de Cent Ans, inverse le rapport de force. 9 000 soldats anglais affrontent 10 000 soldats français, et la première utilisation massive d'artillerie de campagne décide de l'issue grâce aux 300 canons français déployés.

Mêlée de soldats en armure combattant à l'épée sur un champ de bataille médiéval historique en pleine campagne.

Poitiers (732) et les batailles du haut Moyen Âge

La bataille de Poitiers s'est déroulée le 25 octobre 732, selon les travaux historiographiques les plus récents repris par France Inter. Charles Martel y affronte les forces du Califat omeyyade. La date a longtemps fait l'objet d'un débat, certaines sources anciennes mentionnant 732 ou 733, mais la datation au 25 octobre 732 est aujourd'hui retenue.

Le récit traditionnel présente Poitiers comme un affrontement décisif entre deux cultures et deux religions, dont l'issue aurait stoppé l'expansion arabo-musulmane. Cette lecture est aujourd'hui réévaluée. L'historien Michel Rouche considère cette victoire comme « exagérée ». Selon lui, pour Charles Martel, il s'agissait avant tout de gagner une bataille pour affirmer son pouvoir et son influence auprès des Francs.

Charles Martel n'a jamais été roi. C'est son fils Pépin le Bref qui le deviendra. À l'époque, Charles Martel avait une très mauvaise réputation, accusé d'être un pilleur d'église pour avoir financé son armée avec des biens ecclésiastiques. Il ne figurait d'ailleurs pas comme figure centrale dans les « Grandes Chroniques de France ».

Avant Poitiers, la bataille des champs Catalauniques (451) avait déjà marqué la défense de la Gaule. Le général Ætius commandait environ 45 000 hommes face à 60 000 Huns d'Attila, et força la retraite hunnique hors de la Gaule.

Les guerres de Religion (1562-1598)

Huit guerres de religion se succèdent en France entre 1562 et 1598, sur une durée de 36 ans, selon la chronologie établie par le Musée protestant. Le déclencheur est le massacre de Wassy : le 1er mars 1562, le duc François de Guise fait tuer une centaine de protestants réunis dans une grange. Le prince de Condé prend les armes, s'empare d'Orléans le 2 avril, et la guerre s'étend au royaume.

Le massacre de la Saint-Barthélemy reste l'un des épisodes les plus meurtriers de l'histoire de France. Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, un Conseil royal décide d'éliminer les principaux chefs huguenots venus à Paris pour le mariage d'Henri de Navarre avec Marguerite de Valois. L'exécution ciblée se transforme en massacre général : environ 4 000 tués à Paris et quelque 10 000 tués en province, toujours selon le Musée protestant.

Le conflit se prolonge jusqu'à l'abjuration d'Henri IV en 1593, son sacre à Chartres en 1594, et l'absolution du Pape en 1595. L'Édit de Nantes, signé le 30 avril 1598, met fin aux guerres. Il autorise le culte réformé dans tous les lieux où il existait en 1597 et garantit l'accès des protestants à toutes les charges. Trente-six ans de guerre civile s'achèvent par un compromis qui restera en vigueur près d'un siècle.

Soldats de l'infanterie révolutionnaire en costume historique avec bonnets à poil à plumes, armés de fusils d'époque.

La Révolution et l'Empire : la nation en armes

La Révolution invente une nouvelle façon de faire la guerre. La levée en masse, décidée par la Convention en août 1793, réquisitionne tous les jeunes hommes célibataires de 18 à 25 ans. Près d'un million de soldats sont mobilisés selon reviserhistoire.fr, ce qui formera l'« armée de l'an II ». Lazare Carnot, surnommé « l'Organisateur de la Victoire », met en place l'amalgame : fusion des bataillons de volontaires avec ceux de l'ancienne armée de ligne au sein de demi-brigades.

La doctrine des « frontières naturelles » justifie l'expansion. Le 31 janvier 1793, Danton déclare à la Convention : « Les limites de la France sont marquées par la nature. Nous les atteindrons dans leurs quatre points : l'Océan, au Rhin, aux Alpes, aux Pyrénées. »

Le 5 septembre 1798 (19 fructidor An VI), la loi Jourdan institue la conscription et le service militaire obligatoire. Son article premier énonce : « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie. » C'est une première dans l'histoire de l'humanité. L'armée de métier formée de nobles et de mercenaires laisse la place à l'armée nationale citoyenne.

Sous Napoléon, le système atteint son apogée. Selon reviserhistoire.fr, la Grande Armée compte près de 700 000 hommes en 1812, avant l'invasion de la Russie. Entre 1800 et 1815, plus de 2 millions de Français sont appelés sous les drapeaux. Waterloo (18 juin 1815) ferme l'épopée. France Inter rappelle qu'un orage la nuit précédant la bataille rendit le sol boueux, retardant l'attaque française de trois à quatre heures. Ce délai a permis aux Prussiens de Blücher d'arriver et de renforcer les troupes britanniques de Wellington.

Tranchée de la Grande Guerre aux parois calcaires et renforts en bois, symbole du champ de bataille de 1914-1918.

La Première Guerre mondiale (1914-1918)

L'armée française entre dans la guerre avec 800 000 hommes au début de 1914, selon l'ouvrage de référence de François Cochet et Rémy Porte publié chez Tallandier. Le 2 août 1914, jour de la mobilisation générale, elle dénombre plus de 2,5 millions de soldats.

La bataille de la Marne (1914) met en échec le plan Schlieffen. Plus d'un million de soldats franco-britanniques affrontent 900 000 soldats allemands, avec plus de 500 000 morts, disparus ou blessés. C'est l'une des plus massives batailles de l'histoire militaire française par les effectifs engagés.

Verdun (21 février au 4 juillet 1916) est devenue le symbole de la guerre. Sous le commandement du général Pétain, l'armée française subit un déluge de feu de l'artillerie allemande pendant 10 mois. Le système de la « noria », c'est-à-dire la rotation rapide des unités sur le front, permet de répartir l'effort. La victoire défensive coûte plus de 160 000 morts français, selon reviserhistoire.fr.

Le bilan humain global est effroyable. Plus de 1,3 million de militaires décédés ayant obtenu la mention « Mort pour la France » figurent dans la base Mémoire des hommes du ministère des Armées. La plateforme officielle Grand Mémorial du ministère de la Culture compte quant à elle 10 971 567 résultats de dossiers matricules pour la période 1914-1918. Le total des soldats français tués pendant la guerre est estimé à 1,4 million.

Au 11 novembre 1918, selon Cochet et Porte, « l'armée française est sans nul doute la plus puissante et la plus moderne du monde. La réputation qu'elle s'est acquise n'a rien d'usurpé ». Elle ne la perdra qu'en 1940.

La Seconde Guerre mondiale et la reconstruction

L'effondrement de mai-juin 1940 est total. L'armée française cède en six semaines face à la Blitzkrieg allemande. L'armistice est signé le 22 juin 1940. Le 18 juin, depuis Londres, le général de Gaulle lance son appel et fonde les Forces françaises libres. La France reste en guerre, mais désormais hors du sol national.

À partir de novembre 1942, la reconstitution de l'Armée française s'effectue en Afrique du Nord, sous direction américaine. Sept divisions d'infanterie et quatre divisions blindées sont programmées. Début 1944, seules cinq divisions d'infanterie et trois divisions blindées (1ère, 2ème et 5ème DB) sont effectivement formées, selon Chemins de mémoire.

Le tonnage de la Marine française illustre cet effort. Toujours selon Chemins de mémoire, en juin 1943, hors FNFL et FNGB, le total cumulé des forces navales de l'Empire atteint péniblement 250 000 tonnes. Un an plus tard, en juin 1944, ce tonnage monte à 350 000 tonnes de navires de guerre, conséquence directe du réarmement allié.

Le CEF en Italie et le débarquement de Provence

Le Corps expéditionnaire français en Italie compte 112 000 hommes en février 1944, dont 52 % d'origine maghrébine, sous le commandement du général Alphonse Juin. En juin 1944, ses troupes de montagne débordent les défenses allemandes par une tactique de combats en altitude. Plus tôt, en mai 1943, la chute de Tunis avait conduit à la capture de 250 000 soldats allemands et italiens, selon la même source gouvernementale.

La 2e division blindée du général Leclerc, formée à Temara au Maroc et entraînée à Aintree en Angleterre, débarque en France en août 1944. Entièrement équipée, organisée et entraînée à l'américaine, elle hérite de la colonne Leclerc et de la Force L. Sa composition (France libre, cuirassiers, chasseurs d'Afrique, spahis, fusiliers-marins, Républicains espagnols) en fait l'unité la plus gaulliste et la plus politique des grandes formations françaises de la guerre.

La libération de Paris (19-26 août 1944) n'a pas d'intérêt stratégique objectif : la bataille de Normandie est terminée et l'armée allemande en retraite. Il s'agit d'une utilisation politique par De Gaulle de la 2e DB pour reprendre le contrôle de la capitale, avec l'autorisation des généraux alliés Eisenhower, Bradley et Patton.

L'intégration des FFI et le bilan

Selon Chemins de mémoire, sur près de 300 000 résistants des Forces françaises de l'intérieur, 190 000 sont enrégimentés au cours de l'automne et de l'hiver 1944-1945, dont 137 000 intégrés à la 1ère Armée du général de Lattre de Tassigny. De Gaulle ordonne dès le 28 août 1944 le désarmement de tous les groupements non-militaires.

En mai 1945, 1,3 million de soldats français sont intégrés dans le dispositif opérationnel allié, équipés et organisés à l'américaine. Le prix payé est lourd. Entre le débarquement d'août 1944 et mai 1945, les armées françaises enregistrent environ 570 000 tués et blessés, ainsi que 300 000 prisonniers de guerre.

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Indochine, Algérie et crise de l'institution (1945-1962)

La Guerre d'Indochine (1946-1954) oppose l'armée française aux forces communistes du Viêt-minh qui luttaient pour l'indépendance. Le désastre de Diên Biên Phu en mai 1954 scelle l'issue du conflit et force la France à accepter les Accords de Genève. Selon reviserhistoire.fr, cette guerre coûte la vie à près de 75 000 soldats du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient.

La Guerre d'Algérie (1954-1962) mobilise près de 1,5 million de jeunes Français appelés du service militaire, selon reviserhistoire.fr. Militairement, l'armée française gagne la guerre avec le Plan Challe et la bataille d'Alger (1957) sous le général Massu, qui brise l'organisation du FLN dans la capitale. Mais l'utilisation généralisée de la torture et des exécutions sommaires, conjuguée aux enjeux politiques de la décolonisation, entraîne la perte de la guerre sur le plan politique et moral.

Le Putsch des Généraux à Alger en avril 1961, mené par Challe, Salan, Jouhaud et Zeller, échoue notamment grâce à la résistance du contingent resté majoritairement loyal au pouvoir légal. Cet épisode marque la rupture définitive entre l'armée et la politique. Une partie des officiers dissidents entre dans la clandestinité au sein de l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS).

Avion de chasse Rafale de l'Armée de l'Air au sol, symbole de la défense nationale et de la dissuasion nucléaire.

Dissuasion nucléaire et autonomie stratégique

La première bombe atomique française explose à Reggane, au Sahara, en 1960. La dissuasion nucléaire devient la clé de voûte de la défense française. Aujourd'hui, deux composantes restent actives selon Wikipédia : la composante océanique, avec les SNLE en mer, et la composante aéroportée, avec les Rafale armés de l'ASMPA.

La France, le Royaume-Uni et la Russie sont les trois seuls États européens à posséder une force de dissuasion nucléaire indépendante. La France a quitté l'organisation militaire intégrée de l'OTAN en 1966 et a pleinement réintégré ses structures en 2009.

De 1972 à 2013, quatre livres blancs sur la défense ont été publiés. Le premier, en 1972, prend en compte le choix d'une dissuasion nucléaire indépendante. Celui de 1994 répond à l'effondrement du bloc communiste et à la fin de la guerre froide. Celui de 2008 intègre les nouvelles formes de guerre, les menaces terroristes et le développement des opérations extérieures. Celui de 2013 tire les conséquences des tensions au Levant et au Moyen-Orient. Depuis 1960, une loi de programmation militaire fixe tous les cinq ans les objectifs de la politique de défense et leur traduction budgétaire.

La professionnalisation et l'armée contemporaine

En 1996, le président Jacques Chirac décide de suspendre le service militaire obligatoire et de professionnaliser entièrement les armées, avec effet en 1997. Cette réforme met fin à près de deux siècles de conscription héritée de la loi Jourdan. Les effectifs passent de plus de 500 000 hommes à environ 250 000.

Selon les données de fin 2023 reprises par Wikipédia, les Forces armées françaises comptent 304 000 effectifs militaires et civils, dont 241 332 militaires d'active et 62 353 civils. Le budget de la défense pour le projet de loi de finances 2026 atteint 70,4 milliards d'euros, soit 2,25 % du PNB en 2025.

L'organisation repose sur quatre armes : l'Armée de terre, la Marine nationale, l'Armée de l'air et de l'espace, et la Gendarmerie nationale. Cette dernière est rattachée au ministère des Armées pour ses emplois militaires et ses opérations extérieures, et au ministère de l'Intérieur pour son budget et ses missions de police, depuis la loi du 3 août 2009.

Le président de la République est constitutionnellement chef des armées (article 15 de la Constitution de la Ve République). Il préside le Conseil de défense et de sécurité nationale et détient le pouvoir d'engager les forces nucléaires. Les cinq fonctions stratégiques des armées sont la connaissance et l'anticipation, la dissuasion nucléaire, la protection, l'intervention extérieure et la prévention. Les exportations annuelles d'équipements militaires français dépassent 21,6 milliards d'euros, plaçant la France parmi les premiers exportateurs mondiaux d'armement.

La France en guerre permanente : OPEX depuis 1961

Selon l'historien Michel Goya, ancien colonel d'infanterie de marine, cité par Les Échos, l'armée française a participé à vingt guerres et treize grandes opérations militaires de police internationale depuis 1961. La France est, avec les États-Unis, le seul pays au monde impliqué militairement de manière aussi persistante et globale.

Du Tchad au Mali, en passant par le Liban, le Rwanda et l'Afghanistan, ces engagements reflètent trois périodes géopolitiques majeures : les conflits nés de la décolonisation, les enjeux de la guerre froide, et l'essor du djihadisme jusqu'à la situation contemporaine, avec la guerre en Ukraine en arrière-plan. Goya parle d'une « guerre mondiale en miettes ».

L'Opération Serval au Mali (2013) visant à stopper l'avancée des groupes djihadistes est considérée comme un succès militaire exemplaire. Elle est suivie par l'Opération Barkhane (2014-2022), opération régionale de lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne, qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de soldats français. En mars 2020, plus de 31 500 militaires français étaient déployés hors du territoire national, dont 10 000 sur le territoire national et plus de 21 500 en opérations extérieures (Barkhane et Chammal).

L'armée comme miroir de la nation

L'histoire militaire française n'est pas seulement une succession de batailles et de généraux. Elle est aussi celle d'une institution qui a façonné la nation. L'Hôtel des Invalides, fondé à Paris en 1670 par Louis XIV pour accueillir les soldats blessés ou âgés, marque la première reconnaissance officielle de la dette de la nation envers ses soldats.

La mention « Mort pour la France » a structuré la mémoire du XXe siècle. Plus de 1,3 million de militaires décédés au cours de la Grande Guerre figurent dans la base de données Mémoire des hommes du ministère des Armées. La mention est accordée en vertu des articles L488 à L492bis du code des pensions militaires d'invalidité.

L'armée a aussi été le miroir des crises internes. Le terme « guerres franco-françaises » apparaît pour la première fois en 1950, dans un ouvrage de Louis-Dominique Girard, ancien chef de cabinet de Pétain qui défendait la politique de Vichy. Depuis près de deux siècles, des crises majeures fracturent régulièrement l'unité nationale : 1789, l'affaire Dreyfus, Vichy, et bien d'autres épisodes où l'institution militaire s'est trouvée au cœur de divisions politiques profondes.

Les volumes de référence sur les grandes batailles

Pour aller plus loin, la série « Les grandes batailles de l'histoire de France » propose un panorama illustré des affrontements majeurs.

Titre du volume Auteur Date/Époque Prix Disponibilité
Les grandes batailles de l'histoire de France. Vol. 1. Bir Hakeim : 1942 Jean-François Vivier 27 mai – 10 juin 1942 15,90 € En stock
Les grandes batailles de l'histoire de France. Vol. 2. Austerlitz : 1805 Pascal Davoz 2 décembre 1805 15,90 € En stock
Les grandes batailles de l'histoire de France. La campagne d'Égypte : 1798-1799 Pascal Davoz 1798-1799 15,90 € En stock
Les grandes batailles de l'histoire de France. Vol. 3. Verdun : 1916 Jean-François Vivier 1916 15,90 € Disponible chez l'éditeur
Les grandes batailles de l'histoire de France. La Libération de Paris : 1944 Jean-François Vivier Août 1944 15,90 € En stock
Les grandes batailles de l'histoire de France. Vol. 4. Diên Biên Phu : 1954 Jean-François Vivier 13 mars – 7 mai 1954 15,90 € En stock
Les grandes batailles de l'histoire de France. Sedan, 1870 Jean-François Vivier 1870 15,90 € À paraître

Croix blanches d'un cimetière militaire devant un monument aux morts dans la brume, symbole de la mémoire nationale.

Foire aux questions

Quand l'armée française est-elle devenue permanente ?

L'armée française permanente naît en 1445 sous Charles VII, avec l'Ordonnance de Louppy-le-Châtel qui crée les Compagnies d'ordonnance. Ce sont des unités de cavalerie financées par un impôt royal, commandées par des capitaines nommés par le roi et stationnées dans des garnisons fixes. Avant cette réforme, le système féodal de l'ost ne garantissait qu'un service militaire de 40 jours par an.

Quelles sont les grandes batailles françaises ?

Parmi les batailles les plus déterminantes figurent Poitiers (732), Bouvines (1214), Crécy (1346), Azincourt (1415), Marignan (1515), Valmy (1792), Austerlitz (1805), Waterloo (1815), Verdun (1916) et Diên Biên Phu (1954). L'historien Vincent Bernard en recense 50 dans son ouvrage de référence, des premiers conflits gaulois aux hyperbatailles du XXe siècle.

Quelle est la plus grande bataille de l'histoire de France ?

Verdun (21 février au 4 juillet 1916) est souvent considérée comme la plus symbolique, avec plus de 160 000 morts français en 10 mois et un front stabilisé grâce au système de la « noria ». La première bataille de la Marne (1914) fut la plus massive en effectifs : plus d'un million de soldats franco-britanniques face à 900 000 Allemands, avec plus de 500 000 morts, disparus ou blessés.

Quel est le jour le plus sanglant de l'histoire de France ?

La nuit de la Saint-Barthélemy (23-24 août 1572) reste l'une des journées les plus meurtrières sur le sol français, avec environ 4 000 tués à Paris et 10 000 en province en quelques heures. En dehors des guerres civiles, Verdun et la Somme (1916) concentrent les journées les plus coûteuses pour l'armée française à l'extérieur.

Quels sont les 4 corps de l'armée française ?

Les Forces armées françaises se composent de quatre armes : l'Armée de terre, la Marine nationale, l'Armée de l'air et de l'espace, et la Gendarmerie nationale. Cette dernière est rattachée à la fois au ministère des Armées (emplois militaires, OPEX) et au ministère de l'Intérieur (budget, missions de police) depuis la loi du 3 août 2009.

Qui est le créateur de l'armée française ?

Il n'existe pas de créateur unique. Charles VII (1422-1461) est considéré comme le fondateur de la première armée permanente avec l'Ordonnance de Louppy-le-Châtel (1445) et les Compagnies d'ordonnance. La Révolution française marque une deuxième naissance avec la levée en masse (1793) et la loi Jourdan (1798) instaurant la conscription : celle de l'armée nationale citoyenne.

Quelle est l'histoire de la Première Armée française ?

La Première Armée française, anciennement « Armée B », est née en 1944 sous le commandement du général de Lattre de Tassigny lors du débarquement de Provence (15 août 1944). Elle devient officiellement la 1ère Armée le 19 septembre 1944 et remonte la vallée du Rhône vers l'Alsace et le Rhin. Sur près de 300 000 FFI, 137 000 y sont intégrés à l'automne 1944. Elle participe aux campagnes d'Alsace, notamment la poche de Colmar, puis au franchissement du Rhin jusqu'en mai 1945.

Quelles sont les guerres de la France ?

La France a mené des guerres sur toutes les grandes périodes de son histoire : guerres féodales médiévales, Guerre de Cent Ans (1337-1453), huit guerres de Religion (1562-1598), guerres de Louis XIV, guerres révolutionnaires et napoléoniennes (1792-1815), guerre franco-prussienne (1870), les deux guerres mondiales, guerres de décolonisation (Indochine 1946-1954, Algérie 1954-1962), puis vingt guerres et treize grandes opérations militaires depuis 1961 selon l'historien Michel Goya.

Qui a déclaré la guerre en 1939 ?

La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l'Allemagne nazie le 3 septembre 1939, après l'invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre. Après l'armistice du 22 juin 1940 signé par le gouvernement de Vichy, c'est le général de Gaulle, depuis Londres, qui maintient la France en guerre avec l'Appel du 18 juin 1940 et la fondation des Forces françaises libres.

Quand et pourquoi le service militaire obligatoire a-t-il été supprimé en France ?

En 1996, le président Jacques Chirac décide de suspendre le service militaire obligatoire, effectif dès 1997. Cette réforme met fin à près de deux siècles de conscription héritée de la loi Jourdan de 1798 et réduit les effectifs de plus de 500 000 à environ 250 000 hommes. L'objectif était d'adapter l'armée aux missions professionnelles contemporaines, opérations extérieures et projection de force, plutôt qu'à la défense territoriale de masse.

Sources

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