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Chants militaires français : histoire, répertoire et traditions

Histoire des chants militaires français, distinction avec les marches, répertoire de la Légion, des paras, des écoles et grandes traditions vivantes.

Soldats de l'armée française défilant en uniforme et chantant en chœur lors d'une parade militaire à Paris.

Les chants militaires français forment un répertoire vivant, transmis à l’oreille et chanté a cappella, qui accompagne le soldat depuis le Moyen Âge. Plus de 2 000 titres sont conservés dans la mémoire collective, et environ 500 nouveaux chants ont été créés depuis 1980 selon les sources de référence consultées.

Cet article retrace l’histoire de cette tradition, distingue les chants des marches instrumentales, présente les grands hymnes patriotiques, le répertoire de la Légion étrangère, celui des parachutistes et des écoles, ainsi que les évolutions récentes comme la nouvelle édition du carnet officiel légionnaire en 2024.

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Une tradition orale qui remonte au Moyen Âge

Les origines des chants militaires remontent au Moyen Âge, époque où des chants de guerre accompagnaient déjà les troupes. Le plus ancien cahier connu est le manuscrit de Bayeux, du XVe siècle, qui contient le Vau de Vire, une chanson liée à l’occupation anglaise pendant la guerre de Cent Ans.

Avec la création de l’armée de métier sous la Monarchie, les soldats professionnels développent un répertoire spécifique. Le premier chant de soldat imprimé avec sa partition serait Réveillez-vous Picards, daté de 1502 selon les données publiées par plusieurs sources spécialisées, et qui figurerait encore au répertoire militaire français. Cette date précise reste cependant portée par une source isolée et n’apparaît pas dans la documentation gouvernementale.

La Révolution française marque un tournant décisif. Selon le Ministère des Armées, La Marseillaise est écrite en avril 1792 par Claude Joseph Rouget de Lisle, officier du Génie en garnison à Strasbourg, sous le titre initial de Chant de guerre pour l’armée du Rhin. Elle deviendra l’hymne national. Deux ans plus tard, en 1794, Le Chant du Départ est créé par Marie-Joseph Chénier et Étienne-Nicolas Méhul. Toujours d’après le Ministère des Armées, 18 000 exemplaires sont envoyés aux armées pour galvaniser les soldats.

Le XXe siècle prolonge cette dynamique avec les chants de la Grande Guerre, ceux de la Résistance, puis l’apport décisif de la guerre d’Algérie et des troupes parachutistes. Au total, plus de 2 000 chants sont aujourd’hui répertoriés dans le patrimoine français, dont environ 500 créés depuis 1980. Cette vitalité fait de la chanson de soldat le dernier grand répertoire de chants de métier encore vivant.

Musiciens militaires français en uniforme marchant avec leurs instruments pour jouer une partition de musique militaire.

Chant militaire, marche, céleustique : trois répertoires distincts

Selon Wikipédia, le chant militaire est l’un des trois répertoires musicaux utilisés par les armées, aux côtés de la musique militaire jouée par les orchestres d’harmonie et les fanfares, et de la céleustique, qui regroupe les sonneries réglementaires d’ordonnance.

Les chants militaires sont vocaux, transmis par tradition orale et exécutés a cappella. Aucune formation musicale n’est exigée pour les apprendre. À l’inverse, les marches militaires sont des compositions instrumentales avec partitions écrites, jouées par des fanfares et destinées aux défilés ou aux cérémonies.

Entre les deux, la chanson de marche occupe une place particulière. Il s’agit d’un chant entonné par les soldats pour rythmer un déplacement au pas cadencé. La cadence standard de l’infanterie française est d’environ 120 pas par minute. Certaines unités s’écartent de cette norme, comme la Légion étrangère qui marche à 88 pas par minute, ou certains chants spécifiques qui imposent un tempo différent.

Une particularité française mérite d’être soulignée. Selon Wikipédia, l’armée française n’a pas de répertoire officiel ni d’organisme chargé de décréter les chants autorisés ou interdits. Le TTA 107, recueil de l’armée de terre, existe mais n’est pas utilisé comme référence imposée. Le chant relève des usages de la troupe. L’enseignement se fait à l’imitation, dans la pure tradition orale, sans partition, et l’initiative revient aux officiers subalternes, essentiellement les chefs de section.

Le défilé au pas en chantant est par ailleurs un usage relativement récent. Wikipédia indique qu’il a été emprunté aux Allemands en 1940 par l’armée d’armistice, notamment par le général de Lattre de Tassigny, puis repris par le général Bigeard durant la guerre d’Algérie.

Classification typologique des chants militaires

Type de Chant Fonction Principale Contexte d’Utilisation Exemples
Chants de Tradition Affirmer l’identité régimentaire Cérémonies officielles, prises d’armes Le Boudin, Hymne de l’Infanterie de Marine
Chants de Marche Synchroniser le pas, rythmer les déplacements Marches au pas cadencé, défilés Marche des Bonnets à Poils, La Légion Marche
Chants Patriotiques Exalter le courage et l’idéal national Commémorations, événements nationaux La Marseillaise, Le Chant du Départ
Chants de Popote Détente et cohésion en milieu fermé Repas de corps, moments conviviaux Fanchon, chants de corps de garde
Chants Mémoriels Honorer les camarades tombés au combat Cérémonies du souvenir Ceux du Liban, chants commémoratifs
Chants Nostalgiques Évoquer le pays, la famille, l’amour Bivouacs, moments de repos La Lune Est Claire, Auprès de ma Blonde

À quoi sert un chant militaire ? Cohésion, cadence, moral

Chanter ensemble crée une cohésion immédiate. Selon différentes sources consultées, le chant en groupe est associé à la libération d’endorphines et à un sentiment de connexion sociale. Lors d’une cérémonie, le chant régimentaire entonné par toute l’unité devient un moment fort, où la fierté d’appartenance se manifeste collectivement.

La fonction de synchronisation est tout aussi importante. Le chant de marche cale les pas, soutient l’effort sur la durée et atténue la perception de la fatigue lors des longues marches. Selon les données publiées, la musique rythmée réduirait également la perception de l’effort physique, même si cette affirmation n’est appuyée que par une source isolée dans notre corpus et mériterait une vérification académique plus poussée.

Wikipédia rappelle que le chant a longtemps servi à soutenir l’effort et à distraire les soldats pendant les marches. Aujourd’hui, son rôle est essentiellement de cohésion et de démonstration. C’est le général Bigeard qui est à l’origine des chants de compagnie, dont l’usage s’est étendu à toute l’armée française. Le répertoire accompagne les déplacements, les activités de cohésion comme les repas de corps, et l’expression de l’unité lors des défilés.

Dans les troupes aéroportées, cette dimension prend une intensité particulière. Le saut génère une peur que tous doivent dompter, sans distinction de grade ni d’ancienneté. Cet égalitarisme dans l’épreuve nourrit ce que les paras appellent l’esprit para, et que leurs chants traduisent directement.

La Marseillaise et les grands hymnes patriotiques

Selon le Ministère des Armées, La Marseillaise est écrite en avril 1792 par Rouget de Lisle, alors officier du Génie en garnison à Strasbourg. Initialement intitulée Chant de guerre pour l’armée du Rhin, elle est d’abord chantée par les fédérés marseillais avant de prendre son nom définitif. Elle est désignée définitivement hymne national le 14 février 1879.

Le Chant du Départ, créé en 1794, est souvent présenté comme le frère révolutionnaire de La Marseillaise. Selon le Ministère des Armées, ce chant connaît dès sa création un immense succès, avec 18 000 exemplaires envoyés aux armées pour galvaniser les troupes. Les paroles sont de Marie-Joseph Chénier, la musique de Méhul.

Le Chant des Partisans, surnommé la Marseillaise de la Résistance, est l’hymne emblématique de la Seconde Guerre mondiale. Toujours selon le Ministère des Armées, il a été diffusé par la BBC du 17 mai 1943 au 2 mai 1944, en générique de l’émission Honneur et patrie destinée aux résistants français. Son manuscrit original a été acheminé clandestinement en France et est aujourd’hui classé document historique.

Fanchon mérite enfin une mention à part. Selon le Ministère des Armées, c’est la chanson la plus appréciée du soldat français. Créée sous Louis XV, elle a survécu à tous les régimes politiques et à toutes les révolutions, et figure encore dans le répertoire actif des unités. Elle illustre la longévité particulière des chants de popote, indépendants des idéologies dominantes.

Musiciens de la Légion étrangère en képi blanc défilant avec tambours lors d'une cérémonie officielle.

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Le répertoire de la Légion étrangère

Le Boudin est à la fois la marche officielle de la Légion étrangère et son chant de tradition. Selon le Ministère des Armées, sa mélodie est attribuée au chef de musique François-Nicolas Wilhelm, en poste de 1858 à 1864. Sa cadence, lente, impose à la troupe une marche à 88 pas par minute, contre environ 120 pas par minute pour les autres régiments de l’infanterie. C’est précisément pour cette raison que la Légion défile en tête lors des cérémonies officielles.

Adieu Vieille Europe illustre un autre trait du répertoire légionnaire, celui des emprunts culturels. Selon le Ministère des Armées, le chant provient du film Le Sergent X de Wladimir Strijewsky, produit par Adolphe Osso et sorti en 1931. Le film raconte l’histoire d’un légionnaire partant en Algérie, à Sidi-Bel-Abbès. La Légion a ensuite repris la musique en adaptant les couplets, et le titre est devenu un classique du répertoire.

La Légion Marche, parfois confondue avec Le Boudin, est une adaptation française apparue à la fin des années 1940. Selon différentes sources blog consultées, elle s’inspirerait d’un chant militaire allemand de la Seconde Guerre mondiale. Cette filiation, sensible, n’est cependant pas confirmée par la source gouvernementale officielle et reste portée par une seule source dans notre corpus.

Le répertoire officiel de la Légion étrangère liste plus de 80 chants distincts. Il couvre les hymnes communs, comme Le Boudin, Eugénie ou Le Fanion de la Légion, et les chants propres à chaque régiment, du 1er REC au 2e REP, du 3e REI au 4e Escadron. La devise Honneur et Fidélité, parfois exprimée par la formule latine Legio patria nostra, traverse l’ensemble du répertoire et fonde l’identité légionnaire.

Le nouveau carnet de chants 2024

La Légion édite un carnet officiel depuis 1959. Selon Théâtrum Belli, ce livret est fourni à chaque nouvelle recrue avec son paquetage, car il est indispensable à la transmission des traditions et à l’apprentissage du français pour les étrangers. La dernière édition complète remontait à 2009.

Pour Camerone 2024, la Légion a publié une nouvelle édition entièrement repensée. Théâtrum Belli précise que 180 chants ont été passés en revue lors de la sélection, et 68 ont été retenus pour le carnet officiel, soit le même nombre que l’édition de 2009. Neuf titres ont été écartés, parmi lesquels La Marseillaise, Le Chant des marais, Les Lansquenets et La Madelon.

La grande innovation de 2024 tient aux textes dits augmentés. Des indications rythmiques ont été ajoutées : pied de départ, temps avant de commencer, temps forts en gras et temps muets en grisé. Quand c’était nécessaire, les textes ont été revus pour pouvoir être chantés dans un français correct.

Cette refonte répond à un problème identifié, celui du contrepas. Selon Wikipédia, environ deux tiers des chants militaires s’attaquent musicalement sur le pied droit, en anacrouse. Or le départ d’un déplacement se fait obligatoirement sur le pied gauche. Sans formation musicale, le soldat commet involontairement un contre-sens. Théâtrum Belli observe que cette dérive s’accompagne depuis quelques décennies d’un ralentissement de la cadence, parfois sous les 50 pas par minute, et de la mode des fins de vers avalées ou tronquées.

Le nouveau carnet propose enfin un accès aux mélodies par QR code. Les fichiers sons, libres de droits, ont été réalisés à partir de partitions transcrites par Gérard Eiselé et revues par Émile Lardeux, ancien chef de la Musique de la Légion étrangère. Le concept a été testé avec succès au 2e REP en janvier 2019.

Soldats parachutistes sautant d'un avion de transport militaire, parachutes déployés dans un ciel bleu clair.

Les chants des parachutistes français

Le répertoire parachutiste est l’un des plus riches et des plus dynamiques de l’armée française. Il est porté par des unités où le saut, épreuve commune, fait de la cohésion une nécessité opérationnelle.

L’Hymne à Saint Michel occupe une place centrale, puisque l’archange est le patron des parachutistes. Le texte l’invoque comme patron des paras, ange chevalier et ange des guerriers, en lui demandant de tremper les cœurs de hardiesse et de guider les pas des combattants. Il accompagne aussi bien les cérémonies religieuses que les rassemblements de tradition.

Dans la brume et la rocaille est probablement le chant le plus emblématique du répertoire. Sa formule la plus citée, c’est la loi des paras, condense l’éthique de la troupe : marche au combat loin de la bien-aimée, lutte pour la France et sa délivrance, acceptation du sacrifice. Le chant figure parmi les plus repris dans tous les régiments parachutistes.

Le répertoire compte aussi des créations mémorielles modernes. Selon le Ministère des Armées, Ceux du Liban a été composé fin 1983 au sein d’une promotion EOR pour honorer la mémoire des parachutistes français victimes de l’attentat du Drakkar. C’est un exemple parmi d’autres de la capacité du répertoire à se renouveler en réponse à l’actualité opérationnelle.

Sur le plan documentaire, l’ouvrage de référence est Le Grand Recueil des Chants Parachutistes, publié en 2018 chez Diffusia. Thierry Bouzard, docteur en histoire, a enseigné l’histoire de la musique militaire au COMMAT de Satory de 2019 à 2023 et collecte des documents sur les chants militaires depuis son service militaire. Gérard Eiselé, ancien musicien militaire, dirige depuis 2014 un chœur d’hommes composé exclusivement d’anciens parachutistes. Leur collaboration a également donné le Carnet de chants des parachutistes en 2019. L’Union Nationale des Parachutistes propose en ligne un accès organisé à plus de 100 titres, répartis entre chants de tradition, chants de régiment et chants généralistes.

Les chants des écoles militaires

La Galette est le chant emblématique de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Selon le Ministère des Armées, elle a été créée en 1843 par l’élève-officier Léon Bouisset, de la promotion d’Isly, d’après son manuscrit original. Son nom provient du surnom de l’épaulette bleue que portaient les élèves-officiers mal classés. Le chant est devenu l’hymne officiel de Saint-Cyr et structure depuis des générations l’identité de l’école.

Les chants de promotion forment une autre tradition vivante des écoles militaires, à Saint-Cyr comme à l’EMIA. Chaque promotion compose ou adopte un chant qui l’accompagne durant la scolarité et qui rejoint ensuite le répertoire de l’école. Combats de Tu-Lê, créé entre 1992 et 1994 à l’EMIA, ou Jeune chef, daté de 1963, illustrent cette continuité.

Pour la France en danger mérite une mention particulière. Selon le Ministère des Armées, ce chant a été créé par le commandant d’unité du 2e escadron du 1er RIMa en 1991-92. La mélodie des couplets provient du chant de promotion de l’ESM Lieutenant-général marquis de Montcalm, promotion de 1980 à 1982, tandis que le refrain se chante sur l’air de Vive Henri IV. Cadencé à 104 pas par minute, ce qui diffère de la norme générale de l’infanterie, il est enregistré sur CD en 1995, puis publié en 1994 dans le recueil de la promotion EMIA Combats de Tu-Lê. Le chant connaît un réel succès et se diffuse dans toute l’armée. Les textes ont d’ailleurs été adaptés en 2017 pour le 150e anniversaire des transmissions militaires, et le carnet de l’École Polytechnique ajoute un nouveau couplet dans son édition de 2023.

Influences étrangères : un répertoire perméable

Selon l’historien Thierry Bouzard, cité par la revue Inflexions, les armées de l’Ancien Régime ont compté jusqu’à 20 % d’unités étrangères : régiments suisses dont certains intégrés à la Maison du roi, allemands, écossais, irlandais, italiens, wallons, hongrois, polonais. Durant l’Empire, des soldats issus de toutes les armées d’Europe combattent sous les drapeaux français avec leurs chansons. Ce brassage explique en grande partie la richesse du répertoire français.

L’influence allemande est aujourd’hui la plus visible. Selon Inflexions, la première édition du TTA 107, en 1980, contient sept airs d’origine allemande. La deuxième édition, en 1985, en compte seize, soit plus de 19 % du répertoire officiel. Le 3e régiment de parachutistes coloniaux de Bigeard a enregistré en 1958 le premier microsillon de chants parachutistes, dont la majorité se chantaient sur des airs allemands : Contre les Viets, Être et durer, Westerwald, Au Terrain, Sous les pins de la BA, Loin de chez nous.

La Légion étrangère, créée en 1831 avec les survivants des dernières unités suisses, devient la principale source de chants d’origine étrangère. Inflexions cite Joseph Vingtrinier, observant avant la Grande Guerre qu’un très grand nombre de légionnaires étaient autrichiens, bavarois, badois, mecklembourgeois ou prussiens, ce qui explique la place des chansons allemandes dans le répertoire.

Le répertoire mélanésien s’est généralisé à partir des années 1990. Inflexions rappelle que le haka a été interprété sur les Champs-Élysées lors du défilé du 14 juillet 2011. Tamarii volontaire est particulièrement connu, probablement parce qu’il était celui des volontaires venus combattre en métropole pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette ouverture a parfois fait l’objet d’un encadrement. Inflexions rapporte qu’en 1982, le général Delaunay puis, en 1987, le général Schmitt, ont interdit par note de service les chants liés au souvenir de l’occupation allemande et l’interprétation de pièces en allemand. Ces tentatives de moralisation s’inscrivent dans une longue tradition de circulaires, le plus souvent tombées dans l’oubli.

Chants de la Grande Guerre, de Vichy et de la Libération

La Madelon est l’un des titres les plus populaires de 1914-1918. Selon le Ministère des Armées, elle a été écrite en 1913 par Louis Bousquet pour les textes et Camille Robert pour la musique. D’abord destinée au café-concert, elle est reprise par Bach à l’Eldorado le 24 avril 1914, sans succès initial, avant de devenir un classique repris par les soldats au front.

La Chanson de Craonne, parfois appelée Chanson de Lorette, est née en 1915. Chant antimilitariste des poilus, elle a été interdite pendant la guerre avant d’être réhabilitée comme témoignage de l’horreur des tranchées. Elle reste l’un des exemples les plus célèbres de censure historique d’un chant militaire en France.

Le Chant des marais est lié à la situation politique de l’Allemagne des années trente. Selon le Ministère des Armées, il apparaît après la nomination d’Adolf Hitler comme chancelier par le président Hindenburg le 30 janvier 1933 et l’incendie du Reichstag en février 1933. Il témoigne de la circulation des répertoires au-delà des frontières et des idéologies.

La Strasbourgeoise est l’un des grands chants de revanche. Selon les sources spécialisées consultées, elle est composée après la défaite de 1870 dans la guerre franco-prussienne, à la suite de la perte de l’Alsace-Moselle. Peu adoptée à l’origine, elle apparaît plus largement durant la Première Guerre mondiale, tombe dans l’oubli jusque dans les années 60, puis fait son retour dans les années 2000 et entre officiellement dans le répertoire musical militaire. Elle est aujourd’hui chantée a cappella, dans une version militaire qui diffère de la version originale.

La Marche de la 2e DB clôt cette séquence historique. Selon le Ministère des Armées, elle est composée en 1944 par Maurice Leroux et Victor Clowez, d’abord sous le titre Marche du Tchad, avec des textes d’André Ledur. Elle reste l’un des titres emblématiques de la Libération.

Les chants militaires au XXIe siècle

Le patrimoine reste vivant, à la fois grâce aux créations contemporaines et aux ressources numériques.

Selon le Ministère des Armées, le chant Prêts dès ce soir, désigné comme chant de l’armée de Terre, a été sélectionné par un concours lancé par le chef d’état-major de l’armée de Terre et retenu après expérimentation dans la troupe. C’est l’un des exemples les plus récents d’institutionnalisation d’une création nouvelle dans le répertoire actif.

Un site spécialisé dédié à la musique militaire, fondé en 2007, référence plus de 400 titres en ligne. Il rassemble textes, enregistrements et articles, et fonctionne comme un véritable carnet de chants numérique ouvert aux apports des anciens et des contributeurs.

Le carnet officiel de la Légion 2024 ouvre une nouvelle voie en associant carnet papier et fichiers sons accessibles par QR code, libres de droits, téléchargeables en MP3. Cette approche, testée d’abord au 2e REP, change la transmission : à l’imitation pure s’ajoute désormais un support audio fiable, qui donne la note de départ, la cadence, le pied de départ, les temps forts et les temps muets.

Sur le plan documentaire, Thierry Bouzard a participé à plus d’une vingtaine d’enregistrements, dont en 2013 un disque d’or militaire intitulé Héros, réalisé avec la Musique de la Légion étrangère. Les ouvrages de référence publiés ces dernières années, du Grand Recueil des Chants Parachutistes au Carnet de chants des parachutistes, consolident une mémoire écrite qui complète la transmission orale.

Au-delà des armées, le répertoire est aussi partagé avec les anciens militaires des amicales régimentaires, certains mouvements de jeunesse comme les scouts, des chorales civiles et des groupes de reconstitution. Cette circulation hors caserne contribue à la vitalité d’une tradition qui, sans organisme officiel pour la régir, n’a pourtant rien perdu de son ampleur.

Élèves officiers en tenue de cérémonie sur une place d'armes, illustrant la transmission des traditions militaires.

Foire aux questions

Quel est le chant national des armées françaises ?

La Marseillaise reste l’hymne national et le chant patriotique officiel de la France. Composée en avril 1792 par Claude Joseph Rouget de Lisle sous le titre Chant de guerre pour l’armée du Rhin, elle est désignée définitivement hymne national le 14 février 1879. Au-delà, l’armée de Terre dispose désormais d’un chant propre, Prêts dès ce soir, sélectionné par concours lancé par le chef d’état-major.

Quel est le chant militaire le plus connu en France ?

La Marseillaise occupe la première place sans concurrence. Parmi les autres titres emblématiques, on cite régulièrement Le Boudin, marche officielle de la Légion étrangère, Le Chant des Partisans et La Strasbourgeoise. Le Boudin est particulièrement identifiable à l’international en raison de son rythme de marche unique à 88 pas par minute.

Quels sont les chants de la Légion étrangère ?

Le répertoire officiel de la Légion liste plus de 80 chants. Les plus emblématiques sont Le Boudin, Adieu Vieille Europe, La Légion Marche, Le Fanion de la Légion, La Lune est Claire et En Afrique malgré le vent la pluie. Le carnet officiel 2024 en retient 68, accessibles via QR code avec mélodies en ligne.

Quel est le nom du chant officiel de la Légion étrangère ?

Le Boudin est la marche officielle de la Légion étrangère. Sa mélodie est attribuée au chef de musique François-Nicolas Wilhelm, en poste de 1858 à 1864. Il impose une cadence unique de 88 pas par minute, ce qui explique pourquoi la Légion défile en tête lors des cérémonies. Son refrain est universellement associé à l’institution.

Quels sont les chants des parachutistes français ?

Le répertoire parachutiste compte plus de 100 titres accessibles via l’Union Nationale des Parachutistes. Parmi les plus connus figurent Dans la brume et la rocaille, l’Hymne à Saint Michel, Être et durer, Les Commandos, Debout les paras, Ceux du Liban et la Prière du parachutiste. Le Grand Recueil des Chants Parachutistes, publié chez Diffusia en 2018, en réunit l’intégralité avec partitions.

Qu’est-ce qu’un chant de marche militaire ?

Une chanson de marche est un titre entonné par les soldats pour se donner le rythme lors d’un déplacement au pas cadencé. Elle synchronise les mouvements de la troupe et facilite les longues marches. Elle se distingue de la marche instrumentale jouée par les fanfares : transmise oralement, exécutée a cappella, elle est souvent propre à un régiment ou à une arme.

Pourquoi la Légion étrangère marche-t-elle plus lentement que les autres unités ?

La Légion étrangère défile à 88 pas par minute, contre environ 120 pas par minute pour les autres régiments de l’infanterie. Cette cadence distinctive vient directement du rythme lent de son chant officiel, Le Boudin. C’est pour cette raison que la Légion défile en tête lors des cérémonies, le reste du défilé se calant ensuite sur la cadence standard.

Combien existe-t-il de chants militaires dans l’armée française ?

Plus de 2 000 titres sont répertoriés dans le patrimoine français, sans compter ceux qui ont disparu. Environ 500 créations nouvelles ont été produites depuis 1980. Plusieurs sites spécialisés en référencent plus de 400 en ligne, et des carnets numériques permettent aujourd’hui d’accéder aux textes et aux mélodies.

Sources

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