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Concours officier armée de Terre : voies, conditions, salaires

Concours officier armée de Terre : voies ESM, OSC, EOFIA, recrutement interne. Conditions d’âge, diplômes, épreuves et salaires détaillés pour 2026.

Élèves officiers en tenue de parade alignés lors d'une cérémonie pour le concours d'officier de l'armée de Terre.

Devenir officier dans l’armée de Terre n’emprunte pas un seul chemin. La voie classique du concours de l’École spéciale militaire (ESM) à Saint-Cyr coexiste avec des recrutements sur dossier, des contrats spécialisés, une filière franco-allemande et un concours interne pour les militaires déjà en poste. Selon votre diplôme, votre âge et vos ambitions, le parcours change.

Cet article fait le tour des voies d’accès, des conditions, des épreuves et de la carrière qui s’ouvre derrière le concours. Les chiffres cités proviennent des sources officielles citées en fin d’article. Premier réflexe pour avancer : prendre contact avec le CIRFA le plus proche de chez vous.

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Le métier d’officier dans l’armée de Terre

Un officier de l’armée de Terre commande, planifie et administre. Selon son grade et son affectation, il encadre entre 30 et 1 000 hommes et femmes, dans une unité de combat, à l’état-major ou dans un service technique. Selon les référentiels institutionnels, il doit savoir discerner dans la complexité, décider dans l’incertitude et agir dans l’adversité.

Le rôle se décline en trois grandes fonctions. L’officier des armes commande sur le terrain (infanterie, artillerie, aérocombat, forces spéciales) et alterne en général unité de combat et état-major. L’officier d’état-major prépare les manœuvres, définit les besoins en forces et en matériel, et répartit le rôle des unités. L’officier des services techniques ou administratifs gère le personnel, le recrutement, la comptabilité, le juridique, et peut exercer comme commissaire des armées.

Le métier impose la mobilité. Les mutations interviennent en moyenne tous les 3 ans. Tout officier doit être prêt à partir en mission à tout moment, que ce soit en France dans le cadre d’opérations intérieures (OPINT) ou à l’étranger lors d’opérations extérieures (OPEX). Une OPEX dure généralement 4 à 6 mois, avec au minimum un an entre deux engagements. Les OPINT, elles, s’étendent de quelques semaines à quelques mois.

Pour situer le poids de cette population : l’armée de Terre compte 114 818 militaires d’après les chiffres clés de la Défense 2021, dont 14 309 officiers de carrière ou sous contrat, soit environ 20 % des effectifs. Les données institutionnelles publiées en décembre 2025 indiquent 16 000 recrutements par an tous statuts confondus, ce qui en fait le premier employeur institutionnel de France.

Officiers militaires en uniforme de cérémonie réunis en extérieur lors d’une séance de briefing de commandement.

Les statuts d’officier : carrière, sous contrat, volontaire aspirant

Quatre statuts existent. Ils n’ouvrent ni les mêmes droits, ni les mêmes durées d’engagement.

L’officier de carrière signe l’équivalent d’un CDI. C’est la voie longue, avec des responsabilités croissantes sur 15 à 30 ans de service. Elle s’atteint par le concours ESM (après prépa), par la voie sur titre (avec un master), par la filière EOFIA en Allemagne ou, à terme, par la voie interne pour les militaires déjà en poste.

L’officier sous contrat encadrement (OSC/E) signe un contrat de 7 ans renouvelable jusqu’à 20 ans de service, selon les données Onisep mises à jour en mai 2026. Une passerelle vers un statut d’officier de carrière reste possible en cours de contrat. Recrutement sur dossier avec un bac+2 minimum, limite d’âge 32 ans.

L’officier sous contrat spécialiste (OSC/S) signe un contrat de 5 ans renouvelable jusqu’à 20 ans, là aussi avec passerelle vers le CDI. Bac+3 minimum, 32 ans maximum. Il sert dans un domaine autre que le combat : communication, ressources humaines, finances, juridique, sciences humaines, informatique et télécommunications, logistique, maintenance.

L’officier sous contrat pilote (OSC/P) signe un contrat de 10 ans renouvelable jusqu’à 20 ans. Il intègre l’École de l’aviation légère de l’armée de Terre (EALAT). Pilote opérationnel pendant 4 à 5 ans avant d’accéder éventuellement à la fonction de commandant de bord.

Le volontaire aspirant (VADAT) dispose d’un diplôme bac+4 mais n’est pas certain de vouloir une carrière militaire. Il signe un premier contrat d’un an renouvelable, dans des fonctions hors combat (communication, informatique, logistique). C’est une porte d’entrée pour tester.

À ces statuts s’ajoute, depuis 2019, la voie interne via le concours des Officiers des domaines de spécialités (ODS), accessible aux sous-officiers et militaires du rang. On y revient plus loin.

Conditions communes à tous les concours

Quatre exigences valent quelle que soit la voie choisie. Vous devez être de nationalité française, en règle avec la législation sur le service national, avoir accompli la Journée Défense et Citoyenneté (JDC), et être reconnu apte à l’engagement lors des épreuves de sélection préalables (visite médicale, tests sportifs et psychotechniques). Le baccalauréat constitue le minimum absolu : sans bac, on peut s’engager dans l’armée et progresser, mais pas devenir directement officier.

L’âge varie selon la voie : 17 à 19 ans pour l’EOFIA, 22 ans pour le concours ESM voie CPGE, 25 ans pour la voie sur titre, 32 ans pour les OSC, 45 ans pour le concours interne ODS. Ces limites s’apprécient au 1er janvier de l’année du recrutement.

Le point de départ pratique est le CIRFA (Centre d’information et de recrutement des forces armées) le plus proche de chez vous. C’est là que vous discutez des modes de sélection, que vous récupérez votre dossier et que vous démarrez les démarches.

L’armée de Terre organise aussi des stages de découverte qu’il est intéressant de faire en amont. Selon les fiches concours publiées par les mutuelles spécialisées, on distingue les périodes militaires initiales (3 à 10 jours pour une initiation aux enjeux de la Défense), les périodes de perfectionnement spécialisées (10 à 30 jours autour d’un métier), les périodes supérieures (19 jours pour les rudiments du commandement) et les périodes parachutistes (12 jours). L’attestation obtenue à l’issue pèse dans l’évaluation du dossier de candidature.

Bâtiment historique de l'École militaire de Paris et son drapeau, illustrant le cadre de cette académie de défense.

La voie ESM : concours et formation à Saint-Cyr

L’École spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr forme les officiers de carrière. Elle fait partie de l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (AMSCC), qui regroupe trois écoles et accueille, selon les données publiées par le Ministère des Armées en décembre 2025, plus de 2 000 élèves officiers chaque année toutes filières confondues. Côté ESM stricto sensu, environ une centaine d’officiers de carrière sont formés par promotion d’après Onisep.

Concours sur épreuves après prépa

La voie principale passe par une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE). Quatre concours coexistent selon la filière. Pour les élèves de prépas scientifiques (MP, PC, PSI), l’admissibilité repose sur les Concours communs polytechniques. Pour les prépas lettres, c’est le concours de la BEL (orienté ENS Lyon). Pour les prépas économiques et commerciales, c’est la BCE (concours de la banque commune aux écoles de commerce). Toutes les filières partagent les épreuves sportives communes aux écoles militaires (courses, abdominaux, tractions).

Conditions pour ce concours : avoir 22 ans ou moins au 1er janvier de l’année du concours, et ne pas s’être présenté plus de trois fois. La scolarité dure 3 ans à Saint-Cyr, suivie d’une année en école d’application. Les élèves obtiennent un master à l’issue, et un titre d’ingénieur pour ceux ayant suivi les sciences de l’ingénieur.

Plusieurs lycées préparent à ces concours. Selon différentes fuentes consultadas, une trentaine d’établissements en région parisienne proposent ces prépas, dont les lycées Camille Pissarro à Pontoise, Charlemagne et Henri-IV à Paris. Six lycées militaires (La Flèche, Aix-en-Provence, Saint-Cyr-l’École, Brest, Grenoble EPA et Autun) offrent par ailleurs une formation spécifique aux concours des grandes écoles de la Défense.

Voie sur titre (bac+5)

Pour les titulaires d’un bac+5 validé au 1er décembre de l’année de recrutement, il existe un concours sur titre. Très sélectif, il permet d’intégrer directement la 3e année de l’ESM pour une durée d’un an. Limite d’âge : moins de 25 ans au 1er janvier de l’année du concours.

Pendant la scolarité

La formation à l’ESM conjugue formation humaine, académique et militaire, avec 6 à 8 heures de sport par semaine selon les données publiées sur la scolarité. Les frais d’inscription n’existent pas. Les élèves sont nourris, logés et perçoivent une rémunération pendant leur scolarité.

Pour être officier sous contrat et intégrer Saint-Cyr, il faut avoir une volonté très forte, une capacité d’adaptation et se donner à fond tout le temps. (Sous-lieutenant Thibault)

OSC/E : devenir officier sous contrat avec un bac+2

Si vous avez un bac+2 (BTS, DUT, 120 crédits ECTS) et moins de 32 ans, vous pouvez candidater comme officier sous contrat encadrement. Selon la source institutionnelle de référence, le recrutement exige bac+2 minimum et se fait sur dossier. La formation passe par l’École militaire des aspirants de Coëtquidan (EMAC), qui fait partie de l’AMSCC.

Le parcours type comporte 6 mois de formation militaire initiale, puis 4 mois d’immersion dans une unité de combat, puis une année en école d’application comme chef de section dans la spécialité choisie (renseignement, logistique, combat de l’infanterie, etc.). À la sortie, l’OSC/E commande 10 à 30 combattants dans son arme, avec une perspective à terme de commander une compagnie de plus de 100 militaires.

Le contrat dure 7 ans renouvelable jusqu’à 20 ans, avec passerelle vers le statut d’officier de carrière. C’est la durée retenue par les sources les plus récentes et convergentes. À noter qu’une fiche gouvernementale mentionne 10 ans pour l’OSC/E, ce qui semble être une confusion avec le contrat OSC/P (pilote) ; la valeur de 7 ans est celle qui fait consensus.

Le profil type d’un OSC/E peut venir du civil. C’est par exemple le cas de la lieutenant Pauline (témoignage publié par le Ministère des Armées), titulaire d’un master en biologie et biotechnologie, repérée lors de ses recherches d’emploi, puis orientée par un CIRFA vers la voie OSC/E après une préparation militaire supérieure (PMS) de 3 semaines.

Mon conseil, ça serait d’oser l’aventure. C’est une vie qui est exigeante, néanmoins, ça vaut le coup. Donc, osez et vous ne serez pas déçus. (Lieutenant Louis, chef de section infanterie au 16e bataillon de chasseurs à pied)

OSC/S : la voie spécialiste avec un bac+3

Avec un bac+3 (licence, licence professionnelle, Bachelor) et moins de 32 ans, vous pouvez devenir officier sous contrat spécialiste. Le recrutement se fait sur dossier. Le contrat dure 5 ans renouvelable jusqu’à 20 ans, avec passerelle vers le CDI.

L’OSC/S sert hors combat, dans des domaines tels que la communication, la comptabilité finance, l’histoire, l’informatique, la logistique, la psychologie, les langues ou les ressources humaines. La formation dure 14 semaines en école militaire selon les sources presse, ce qui correspond aux 4 mois à l’ESM cités par d’autres sources, suivie d’une formation complémentaire dont la durée dépend du poste visé.

C’est typiquement la voie de candidats venus du civil qui souhaitent mettre une expertise au service de l’armée sans passer par la filière combat.

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Voies accessibles dès le bac : OSC/P et EOFIA

Pour les bacheliers, deux portes existent sans passer par une prépa ou une licence.

Officier sous contrat pilote (OSC/P). Accessible avec un baccalauréat général ou professionnel à dominante scientifique et/ou électronique, moins de 32 ans, après des tests médicaux et psychotechniques poussés et une évaluation sur simulateur. La formation se déroule à l’EALAT. Le contrat dure 10 ans renouvelable jusqu’à 20 ans. Les pilotes sont opérationnels pendant 4 à 5 ans avant d’accéder éventuellement à la fonction de commandant de bord.

Élèves officiers en formation initiale en Allemagne (EOFIA). Accessible aux titulaires d’un baccalauréat d’enseignement général, âgés de 17 ans révolus et de 19 ans au plus, avec une bonne maîtrise de l’allemand. La formation dure 6 ans, dont 1 an à l’ESM de Saint-Cyr Coëtquidan et 5 ans en Allemagne, en centre de formation et au sein de l’armée allemande, jusqu’à l’obtention d’un master. Elle suppose un très bon niveau d’allemand et d’anglais. C’est une voie d’officier de carrière comme une autre, mais avec une dimension franco-allemande structurante.

Pour ceux qui n’ont pas le bac, à retenir : l’accès direct au statut d’officier est impossible, mais tous les soldats de l’armée de Terre peuvent évoluer au cours de leur carrière. La voie interne, détaillée plus loin, reste ouverte.

Recrutement interne : concours ODS et EMIA

Depuis 2019, la réforme du recrutement interne ouvre deux voies aux sous-officiers et militaires du rang qui veulent passer officier. Avant cette date, les filières « rang » et « semi-direct tardif » coexistaient ; elles ont été remplacées en 2020 par le dispositif décrit ci-dessous.

La première voie, dite académique, est réservée aux candidats les plus diplômés. Elle reprend l’organisation du concours à l’École militaire interarmes (EMIA), qui devient l’unique école de formation initiale des officiers recrutés par la voie interne académique. Conditions : sous-officier ou militaire du rang, baccalauréat exigé, 29 ans maximum. Cette voie permet d’accéder, selon le potentiel, au grade de lieutenant-colonel et au-delà.

La seconde voie, le concours des Officiers des domaines de spécialités (ODS), est ouverte dès 10 ans de service et jusqu’à 45 ans, sans condition de diplôme. Elle remplace les concours semi-direct tardif et le recrutement rang depuis 2020. Elle donne accès, selon le potentiel, au grade de commandant.

Le concours ODS repose sur trois composantes. Une épreuve écrite de 3 heures sous forme de synthèse et commentaire de documents sur l’actualité nationale et internationale. Un dossier de Reconnaissance des Acquis et de l’Expérience Professionnelle (RAEP), qui n’est pas noté mais sert de support à l’épreuve orale : le jury y apprécie la personnalité, les aptitudes et la motivation. Et une épreuve orale d’une heure, précédée de 30 minutes de préparation avec questionnaire métier.

La scolarité varie selon le profil. Les titulaires du BSTAT intègrent l’EMIA pour un an. Les titulaires des ESP rejoignent directement une école d’application pendant 4 à 6 mois.

Le poids de la filière interne dans l’armée de Terre est important : selon les chiffres de la Défense 2021, 70 % des officiers de l’armée de Terre proviennent du recrutement interne, ce qui confirme que la promotion sociale par les armes reste un pilier du modèle français.

L’arrivée du programme Scorpion va changer le modèle de combat. Il nécessite de disposer d’officiers pleinement intégrés dans leur temps. Pour autant, la technicité ne doit pas prendre le pas sur les qualités humaines demandées à l’officier. (Lieutenant-colonel Yann, conseiller du chef d’état-major de l’armée de Terre, avril 2019)

Niveaux de diplôme requis et limites d’âge

Pour s’y retrouver rapidement, voici les niveaux de qualification généraux selon 1jeune1solution :

Niveau de qualification Formation(s) correspondante(s)
Bac +2 CPGE (sciences, lettres ou sciences économiques et sociales)
Bac +3 Licence ou diplôme de niveau équivalent
Bac +5 Master ou diplôme de niveau équivalent

Et le détail par voie, d’après emploipublic.fr :

Catégorie Âge minimum Âge maximum Niveau d’études requis
EVAT (Engagé volontaire) 17 ans et demi 29 ans Sans bac requis
VDAT (Volontaire) 18 ans 26 ans Sans bac requis
Sous-officier 17 ans et demi 25 ans Bac à bac+2
ESM (concours sur épreuves) Moins de 22 ans Bac à bac+2 ou CPGE
ESM (officiers sur titre) Moins de 25 ans Master 2 ou équivalent bac+5
OSC/E (Officier encadrement) Bac+3 minimum
OSC/S (Officier spécialiste) Bac+3 minimum

Précision importante sur ce tableau : la source institutionnelle de référence indique bac+2 minimum pour l’OSC/E (et non bac+3 comme le mentionne emploipublic), et bac+3 minimum pour l’OSC/S. C’est cette répartition qui est confirmée par Onisep et qui fait référence.

Soldats en entraînement physique intensif sur parcours militaire en forêt

Qualités attendues d’un officier

Le concours n’est qu’une porte. Le métier exige des qualités qu’aucun bachotage ne remplace.

Le leadership d’abord. Selon les fiches métier de référence, l’officier maîtrise l’art du commandement et sait fédérer les énergies. Il contrôle ses émotions, possède le sens du devoir, garde l’esprit de décision dans la limite de ses attributions, et sait réagir correctement en toutes circonstances.

La condition physique ensuite. Stages commando pendant la formation, missions de terrain, OPEX en environnements extrêmes : les sources sectorielles insistent sur la nécessité d’un entraînement régulier pour rester physiquement apte au combat tout au long de la carrière.

La disponibilité enfin. Mobilité tous les 3 ans en moyenne, départs en mission à tout moment, exposition au danger sur certains terrains. Le stress lié à ces situations se surmonte par le professionnalisme et la cohésion d’équipe, pas par la chance.

S’y ajoutent des aptitudes opérationnelles concrètes : analyser et évaluer des informations tactiques et opérationnelles, coordonner et diriger des opérations militaires, apporter un appui en gestion de crise, anticiper des scénarios de menace.

J’ai choisi cette spécialité parce que l’infanterie est une arme de mêlée, qui est une arme rustique, physique, et j’ai surtout choisi l’infanterie car c’est une arme où les relations humaines sont extrêmement importantes. (Lieutenant Louis, chef de section infanterie au 16e bataillon de chasseurs à pied)

Grades et évolution de carrière

L’officier de carrière alterne, sur 15 à 30 années de service, des périodes d’encadrement, de commandement et de formation. Il débute comme chef de section (10 à 30 personnes), puis devient capitaine après 3 ans d’après Onisep, et commande alors une centaine de soldats. Il peut ensuite progresser jusqu’au grade de colonel, voire de général. La notation joue un rôle essentiel : elle évolue en fonction du comportement quotidien, de l’engagement et de la motivation, et conditionne la progression.

Pour situer la hiérarchie des grades dans l’armée de Terre et leurs équivalents Marine, voici la correspondance issue des fiches de référence sur les écoles militaires.

Officiers subalternes :

Marine nationale Armée de Terre / Air
Lieutenant de vaisseau Capitaine
Enseigne de vaisseau 1 Lieutenant
Enseigne de vaisseau 2 Sous-lieutenant
Aspirant Aspirant

Officiers supérieurs :

Marine nationale Armée de Terre / Air
Capitaine de vaisseau Colonel
Capitaine de frégate Lieutenant-colonel
Capitaine de corvette Commandant / Chef d’escadron / Chef de bataillon

Officiers généraux :

Marine nationale Armée de Terre / Air
Amiral Général d’armée
Vice-amiral d’escadre Général de corps d’armée
Vice-amiral Général de division
Contre-amiral Général de brigade

Spécialités et écoles d’application

À l’issue de la formation initiale à l’AMSCC, l’élève-officier des armes (carrière ou OSC/E) devient chef de section après un an de formation spécialisée en école d’application. Selon la source institutionnelle de référence, il encadre 15 à 30 soldats dans son domaine d’emploi et assure des missions en France ou en opérations extérieures.

Deux grandes voies coexistent selon le statut d’origine. La voie commandement couvre l’aérocombat, l’artillerie, les chars de combat, l’infanterie, l’informatique et les télécommunications, la logistique et les transports, les administrations et services, la maintenance, le renseignement. La voie spécialiste recouvre la communication, la comptabilité finance, l’histoire, l’informatique, la logistique, la psychologie, le renseignement et les ressources humaines.

Côté écoles d’application, le panorama est large d’après emploipublic.fr :

École de spécialisation Type de formation
École de l’aviation légère de l’armée de Terre Aviation
École de l’infanterie Infanterie
École de cavalerie Cavalerie
École d’artillerie Artillerie
École du train Logistique / Transport
École du matériel Matériel
École du génie Génie
École des transmissions Télécommunications

Les régiments de l’armée de Terre se répartissent dans 16 grands domaines de spécialité et plus de 300 professions sont accessibles : informatique, maintenance, logistique, santé (aide-soignant, ambulancier, secouriste), BTP, mécanique, restauration-hôtellerie, aviation, administration.

Officier en uniforme avec galons et médailles, illustrant la progression de carrière et les grades militaires.

Salaires et avantages

Les salaires bruts mensuels à l’entrée et aux paliers clés, selon Onisep (mai 2026) et 1jeune1solution :

Grade Salaire brut mensuel
Lieutenant (débutant) 1 648 euros
Sous-lieutenant À partir de 1 810 euros
Colonel À partir de 3 753 euros
Général de brigade 5 193 euros

Côté salaires nets par grade, le tableau d’emploipublic.fr (taux pour célibataire sans enfant à charge) :

Grade / Statut Salaire mensuel net
EVAT (1er échelon) Environ 1 362 euros
VDAT (1er échelon) Environ 617 euros (nourri et logé)
Sergent sous-officier (débutant) Environ 1 663 euros
Lieutenant Environ 2 294 euros
Capitaine Environ 3 177 euros
Commandant Environ 3 873 euros

Ces montants varient selon le lieu d’exercice, le statut et la situation familiale. Selon les données INSEE relayées par les sources presse, en s’appuyant sur la Bibliothèque Numérique de la Statistique Publique, le salaire moyen d’un officier français était de 4 967 € par mois en 2020, toutes carrières et grades confondus : une moyenne à interpréter avec prudence, qui ne reflète pas la rémunération d’entrée.

La part variable peut faire une différence sensible. Le groupe Uneo indique qu’en OPEX, la rémunération peut atteindre jusqu’à 2,5 fois le salaire de base. Sont aussi à intégrer les primes liées à l’arme d’emploi et aux affectations particulières.

Les avantages annexes pèsent dans le bilan global, toujours selon Uneo : 9 semaines de permission, soit 45 jours par an. Réduction SNCF de 75 % toute l’année. Repas inclus dans le cadre du service. Possibilité de logement selon l’affectation. Et, pendant la formation initiale à l’AMSCC, les élèves sont nourris, logés et rémunérés, sans frais d’inscription.

Reconversion après une carrière d’officier

Toute carrière militaire prépare une sortie. À partir de 4 ans de service effectif minimum, un militaire qui quitte l’armée bénéficie d’aides à la reconversion à la vie civile, notamment via l’agence Défense Mobilité. 70 certifications professionnelles compatibles avec le secteur civil facilitent ce passage.

Cette donnée concerne aussi les officiers sous contrat, comme le confirme 1jeune1solution : les OSC ayant effectué au moins 4 ans de service actif peuvent bénéficier d’aides à la reconversion. Le ciblage des compétences (commandement, gestion d’équipes, gestion de crise, logistique, sécurité, RH) est valorisé par les recruteurs civils, notamment dans les fonctions managériales, la sûreté et la formation.

Véhicule du 3e Régiment du Matériel de l'armée de Terre stationné sur un terrain d'exercice en extérieur.

Foire aux questions

Comment devenir officier dans l’armée de Terre ?

L’accès passe par l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan (AMSCC), qui regroupe trois écoles selon la voie choisie : l’ESM pour les officiers de carrière (sur concours après prépa ou sur titre avec un bac+5), l’EMAC pour les officiers sous contrat encadrement, et l’EMIA pour le recrutement interne. Deux portes existent aussi dès le bac : la formation OSC/P pour les pilotes et l’EOFIA, formation franco-allemande de 6 ans. Le premier contact se fait au CIRFA le plus proche.

Comment passer le concours d’officier de l’armée de Terre ?

Pour la voie ESM, le concours comprend des épreuves d’admissibilité écrites communes aux grandes écoles (scientifiques, littéraires ou économiques selon la filière de CPGE), puis des épreuves orales et sportives d’admission. Les candidats doivent avoir effectué leur JDC, être de nationalité française, et être reconnus aptes lors de la visite médicale et des tests psychotechniques. Pour la voie interne ODS, la sélection repose sur une épreuve écrite de 3 heures (synthèse de documents), un dossier RAEP et une épreuve orale d’une heure.

Quel est le salaire d’un officier dans l’armée de Terre ?

Un sous-lieutenant débutant perçoit à partir de 1 810 euros brut par mois, selon les données Onisep de mai 2026. Le montant varie selon le lieu d’exercice et le statut. Un colonel atteint à partir de 3 753 euros brut par mois, un général de brigade environ 5 193 euros. Ces montants n’incluent pas les primes opérationnelles, qui peuvent significativement augmenter la rémunération lors d’une OPEX, jusqu’à 2,5 fois le salaire de base selon le groupe Uneo.

Quelles études pour devenir officier de l’armée de Terre ?

Le niveau requis dépend de la voie. Bac + 2 ans de CPGE pour le concours ESM voie classique. Bac+2 minimum pour l’OSC/E. Bac+3 minimum pour l’OSC/S. Bac+5 pour la voie sur titre. Des voies accessibles dès le bac existent : l’EOFIA (bac général, bon niveau d’allemand, 17-19 ans) et l’OSC/P pour les pilotes (bac scientifique, moins de 32 ans). Sans baccalauréat, l’accès direct au statut d’officier n’est pas possible, mais l’évolution depuis les rangs reste ouverte.

Quel diplôme faut-il pour devenir officier ?

Selon la voie : bac+2 pour l’OSC/E, bac+3 pour l’OSC/S, bac+5 pour la voie sur titre à l’ESM, 2 ans de CPGE pour la voie concours classique. Le bac seul ouvre l’EOFIA ou la formation pilote OSC/P. Dans tous les cas, le baccalauréat reste le minimum absolu.

Comment devenir officier en interne (depuis les rangs) ?

Depuis 2019, les sous-officiers et militaires du rang disposent de deux voies. La voie académique, réservée aux plus diplômés, passe par un concours à l’EMIA et permet d’atteindre le grade de lieutenant-colonel et au-delà. La seconde, le concours ODS, est accessible dès 10 ans de service et jusqu’à 45 ans, sans condition de diplôme, et donne accès au grade de commandant selon le potentiel. Le concours ODS repose sur un dossier RAEP, une épreuve écrite de 3 heures et une épreuve orale d’une heure.

Quelles sont les conditions pour passer un concours interne d’officier ?

Pour le concours ODS, il faut justifier de 10 ans de service et avoir 45 ans au maximum. Pour la voie académique interne via l’EMIA, il faut être sous-officier ou militaire du rang, avoir 29 ans au maximum, et être titulaire du baccalauréat. Les candidats admis suivent une scolarité adaptée : un an à l’EMIA pour les titulaires du BSTAT, 4 à 6 mois en école d’application pour les titulaires des ESP.

Comment devenir officier sans passer par une classe préparatoire ?

Plusieurs voies existent : l’OSC/E (bac+2, recrutement sur dossier), l’OSC/S (bac+3, recrutement sur dossier), la voie sur titre (bac+5, concours sélectif, intégration directe en 3e année de l’ESM), l’EOFIA (bac général, 17-19 ans, bon niveau d’allemand) et l’OSC/P (bac scientifique, moins de 32 ans). Toutes passent par l’AMSCC pour la formation initiale.

Quelle est la limite d’âge pour les concours d’officier de l’armée de Terre ?

Elle varie selon la voie : 17 à 19 ans pour l’EOFIA, 22 ans pour le concours ESM voie CPGE, 25 ans pour la voie sur titre, 32 ans pour les OSC/E, OSC/S et OSC/P, 45 ans pour le concours interne ODS. Ces âges s’apprécient au 1er janvier de l’année de recrutement.

Comment s’engager comme officier : quelles démarches concrètes ?

Première étape : prendre contact avec le CIRFA le plus proche. Il est conseillé de réaliser au préalable une période militaire initiale (3 à 10 jours) ou supérieure (19 jours) organisée par l’armée de Terre, dont l’attestation renforcera le dossier. Le dossier comprend ensuite des épreuves de sélection médicales, sportives et psychotechniques, avant l’inscription au concours ou au recrutement sur dossier selon la voie choisie.

Sources

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